Souvent entendu dans les conversations, « pour rebondir… » (en général pour rebondir sur votre propos).
Pourquoi cette utilisation du rebond dans nos débats ?

Flexibilité oblige, notre époque se fait élastique. Désormais à écouter les conversations, nous ne répondons plus aux propos de notre interlocuteur. Non ! On rebondit sur ce qui vient d’être dit, l’interlocuteur ayant complètement disparu. Pourquoi ? Il nous faut quitter les chaises ou fauteuils de nos salons cafés, et nous installer sur des trampolines ce qui nous permettrait de joindre le geste à la parole. Rebondir dans une époque souple et caoutchouteuse, c’est aussi repartir du bon pied, ce qui infère que notre interlocuteur devenu inexistant c’est fourvoyé trompé de chemin, en quelque sorte qu’il a tout faux.

Bondir ; ce verbe nous dit le dictionnaire appartient à une famille de verbe expressifs calquée du Grec et exprimant la notion de bourdonnement. Ainsi un débat ou tous bondiraient, puis bondiraient à nouveau donc rebondiraient, serait un débat ou plus rien n’est audible. Il vrai aussi que l’étymologie nous dit que bondir à le sens de « retentir, résonner » mais méfions nous des homophonies «résonner» n’est pas «raisonner».
Nous passons ainsi du café salon, au gymnasium, à la ruche, pour nous rendre dans un clocher où résonnent les cloches.
Le passage actuel de faire « des sauts », sens moderne de bondir (il ne s’agit pas là de faire le sot) s’expliquerait par un changement de registre où l’impression auditive de sons montants et descendants a dû se substituer à une impression visuelle. Pour ce mot faisant partie d'un groupe ayant très anciennement  associé son et mouvement, par le tournoiement de l’insecte, et le tourbillonnement de la toupie,  P Giraud invoque le moyen français « bonde » ou « balle de paume » (le débat deviendrait alors un jeu de main) qui aurait servi d’intermédiaire, bondir évoquant alors les mouvements de la balle après qu’elle eut frappé le mur. Par transposition, un sens figuré apparaît  « réagir sous l’empire d’une émotion » ce qui n’est pas très philosophique si l’on pense que philosopher serait d’agir de réfléchir sous le règne de la raison et si j’en crois Spinoza, sous le contrôle de ses affects.

"Bondir" n’est pas "rebondir". Pourtant "rebondir" a suivi une évolution analogue à "bondir". Le sens de retenir a cédé devant le sens spatial correspondant à celui qu’avait pris « bondir » déjà en germe dans le sens ancien d’être ébranlé. Appliqué surtout au mouvement spontané d’un objet élastique, le verbe se sépare alors de « bondir » par ses emplois. Par extension il décrit, sans notion de dynamique, une partie du corps présentant une éminence arrondie (je n’ose penser qu’il s’agît de la pensée).

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Commentaires

Je viens de lire l'article "rebondir": j'avoue qu'il m'a paru très confus, je ne vois pas où l'auteur veut en venir. Veut-il par là nous signifier que les interventions des participants au café philo sont de simples juxtapositions où les rebondissements se feraient selon l'affect, sur le coup, d'un intervenant ignorant le sujet du sujet qui vient d'être exposé, regrettant (=?) donc qu'il n'y ait pas d'échange, de dialogue voire de disputation?
Si c'est le cas, il faut en revenir à ce qu'est un café philo et à sa mémoire, à son histoire, car il y en a une, à l'éthique qu'avait proposée, et appliquée!, son fondateur Marc SAUTET(!!!):permettre, EN PRIORITE à tout un chacun, du néophyte au spécialiste (dans cet ordre là!), d'y exercer sur place, dans l'urgence, sa pensée, en tous cas l'y pousser (l'animateur exigeant un petit développement: très court pour respecter un maximum d'interventions), le lieu du café philo étant d'abord un lieu d'accueil du néophyte, un lieu de parole pour tous, quelque soit son niveau culturel et intellectuel, et non un lieu où plus de la moitié des participants est pris en otage, réduite à un rôle passif de public asssistant aux "conférences" de quelques ténors, transformée au plus en faire-valoir de quelques égos dans un copinage systématique d'avec l'animateur.
La culture s'acquière en amont ou en aval (conférences, bibliothèques, cours privés, etc.), le café philo n'ayant pas véritablement un rôle de transmission d'un savoir, même si c'est le cas pour les plus démunis, même si certains participants le réclament, mais le café philo étant le lieu privilégié d'un "faire de la pensée multiple".
Il est vraiment dommage que cette dimension généreuse disparaisse... 
Commentaire n°1 posté par DURVAL le 19/02/2010 à 19h54
Pour cet article comme pour les autres, pourrait-on connaître les sources, SVP ?
Commentaire n°2 posté par Alain le 08/02/2010 à 00h20
Deuxième chapitre comme le dit le dictionnaire………
Réponse de maxime fellion le 08/02/2010 à 00h26
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