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PIERRE CASSOU-NOQUÈS.

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MON ZOMBIE ET MOI:

LA PHILOSOPHIE COMME FICTION.

 

Mon Zombie et moi:

La philosophie comme fiction.

Pierre Cassou-Noquès.

 Présentation de l'éditeur.

 Que et où suis-je ? Après avoir revisité un certain nombre de positions classiques sur la nature et le statut du sujet (celle de Descartes notamment) et de réponses possibles à la question de savoir ce que je suis (une personne ? une machine ?), cette enquête développe une théorie originale fondée sur la notion de figures imaginaires. On y trouvera une façon nouvelle de faire de la philosophie, s'appuyant sur et passant par la fiction. Cette méthode est mise en oeuvre par l'analyse d'une série de figures tirées de la littérature, où sont convoqués des auteurs classiques comme Poe, Maupassant, Nerval, aussi bien que des écrivains de science-fiction comme Wells, Conan Doyle, Stapledon, Ph K Dick. S'y ajoutent d'originales fictions imaginées par l'auteur, qui deviennent autant de plans d'expérience philosophique : puis-je, au sens propre, perdre la tête ? être invisible ? intouchable ? habiter un tableau ? être fait de plusieurs morceaux ? Voici, autour de la question du sujet, un parcours par la fiction d'un pan de la philosophie aussi bien qu'un voyage philosophique à travers la science-fiction.
Biographie de l'auteur.
Pierre Cassou-Noguès, philosophe, est chercheur au CNRS. Il a notamment publié Les Démons de Gödel (Seuil, 2007) et Essai de cosmologie (PUF, 2010).

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LA GUILLOTINE ET L'IMAGINAIRE DE LA TERREUR (RÉÉD.)


D. ARASSE, LA GUILLOTINE ET L'IMAGINAIRE DE LA TERREUR (RÉÉD.)

 

Daniel Arasse, La guillotine et l'imaginaire de la Terreur

Paris, Flammarion, coll. "Champs", 2010.

283 p. - 11 €

ISBN : 978-2-08-124691-1


Pourquoi la guillotine est-elle abominable ? Et de quoi au juste a-t-on horreur ? Pour répondre, il a paru fructueux d'interroger cette peur à sa source même, au moment où, à peine née, la machine est plantée au coeur d'une mise en scène, d'une exploitation spectaculaire de ses pouvoirs d'épouvante : la Terreur. Les surprises se multiplient au fur et à mesure de l'enquête : Guillotin n'est pas pour grand-chose dans l'invention de la guillotine ; à l'exception de la France, l'Europe l'utilisait, presque identique, bien avant la Révolution...
La tête coupée semble vivre encore et affronte la médecine à une impasse insurmontable... La guillotine fonde la démocratie et son emploi politique suit une ligne très cohérente. Du théâtre à la médecine, de la politique à la métaphysique, la machine à décapiter se révèle à la fois un véritable " objet de civilisation " et une image de la Révolution dans sa phase la plus radicale, en exhibant aux yeux du peuple l'égalitarisme le plus absolu. Ce livre ne cherche pas à réhabiliter la guillotine jacobine mais à mettre au jour la répulsion qu'inspire la machine et la réputation qu'elle s'est gagnée : son abject prestige. 

Petite vie de

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Beaumont, Keith

Desclée De Brouwer 

(septembre 2010)

 

La béatification de John-Henry Newman par Benoît XVI permet de mettre en lueur la pensée et la destinée d’une des figures les plus emblématiques du christianisme moderne. Paul VI disait que son itinéraire spirituel était comparable à celui de saint Augustin ! C’est dire !

On sait que Newman est né en 1801 dans l’anglicanisme. On sait moins qu’il vécut une première conversion à l’âge de 15 ans. Etudiant au Trinity College à Oxford, il approfondit sa vocation et est ordonné dans l’Eglise anglicane en 1825. Il devient le chef de file de mouvement d’Oxford qui renouvelle en profondeur l’anglicanisme. Tout cela, vous le retrouverez dans une petite biographie limpide de Keith Beaumont, Petite Vie de John-Henry Newman, chez DDB.

C’est de cette époque anglicane que datent les fameux Sermons paroissiaux, édités en huit volumes au Cerf, dont je vous recommande par exemple le deuxième, suivant l’année liturgique. Mais en 1845, Newman est reçu dans l’Eglise catholique, approfondissant ainsi sa première conversion par une adhésion pleine et entière à la foi catholique. Il achève alors son premier chef d’œuvre, l’Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, qui montre qu’il y a continuité et changement dans l’élaboration du dogme ; non pas évolution mais développement, maturation. Ce livre essentiel est publié chez Ad Solem, éditeur principal de son œuvre aujourd’hui.

Fondateur en Angleterre de l’Oratoire créé par saint Philippe Néri auquel il a consacré un bel hommage, Newman paye cher sa conversion au catholicisme : rejeté par ses anciens amis anglicans, il est dédaigné au sein de l’Eglise catholique. C’est dans ces circonstances douloureuses qu’il écrit en six semaines son autre immense texte : Apologia pro vita sua, qui expose les raisons de son adhésion en pleine conscience au catholicisme. Ce livre retentissant retournera l’opinion en sa faveur. Newman expose une quête radicale de vérité dans la liberté. La foi de Newman est tout sauf fidéiste : en 1870, son testament philosophique, Grammaire de l’assentiment, sera une des réponses majeures du christianisme à la modernité en retrouvant la force de l’articulation entre l’intelligence et la foi.

Créé cardinal par Léon XIII en 1879, Newman est enfin reconnu. Mais on peut dire que c’est le XXe siècle qui prendra pleinement conscience de son importance. Louis Bouyer, lui-même oratorien et venu du protestantisme, fera beaucoup pour sa reconnaissance et son Newman, sa vie, sa spiritualité (Cerf) est une référence indémodable. De toute évidence Newman est un des inspirateurs majeurs du concile, et son attachement à la tradition et au dogme sont un indice pour proposer avec Benoît XVI une herméneutique de la continuité, et non de la rupture. Sa béatification confirme aussi que sa stature de géant n’est pas seulement intellectuelle : elle est également spirituelle. Pour ceux d’entre vous qui n’auraient jamais lu Newman et seraient intimidés, un conseil : commencez par la lecture de la belle anthologie de Charles Stephen Dessain chez Ad Solem, Pour connaître Newman : un alliage singulier entre altitude intellectuelle et profondeur spirituelle. Exactement ce dont les chrétiens ont besoin !

Georges Bataille

DISCUSSION SUR

LE PÉCHÉ

Présentation de

Michel SuryaCOUVBatailleDSLPweb-3-f4d89

Nouvelles Editions Lignes

Texte intégral de la conférence prononcée le 5 mars 1944 par Georges Bataille, et de la célèbre « discussion » qui a suivi. Étaient notamment présents, à l’invitation de Marcel Moré : Arthur Adamov, Maurice Blanchot, Pierre Burgelin, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Jean Daniélou, Dominique Dubarle, Maurice de Gandillac, Jean Hyppolite, Pierre Klossowski, Michel Leiris, Jacques Madaule, Gabriel Marcel, Louis Massignon, Maurice Merleau-Ponty, Jean Paulhan, Pierre Prévost, Jean-Paul Sartre...

N’est-il pas étrange
 1. qu’en pleine guerre – nous sommes en mars1944 –, dans Paris occupé, se soit réuni un tel aréopage d’intellectuels, sans conteste, pour la plupart, ceux qui compteront sitôt la Libération venue (en même temps, pour beaucoup, de ceux qu’on sait avoir assisté au séminaire de Kojève sur la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel avant la guerre)  ;
 2. que cette réunion n’ait pas eu lieu dans quelque but que ce soit touchant à la Résistance (on pourrait l’imaginer  ; on aurait pu le désirer)  ;
 3. qu’elle ait eu lieu autour du seul Georges Bataille et du premier de ses livres un peu connus (L’Expérience intérieure)  ;
 4. que Georges Bataille et L’Expérience intérieure aient fait que cette réunion ait été menée autour du plus inactuel des thèmes  : le péché  ;
 5. que cette réunion, organisée autour du plus inactuel des thèmes que le péché pouvait être alors, en mars1944, dans Paris occupé, ait en fait servi de moyen de solder une querelle qui n’aurait été ni moins inactuelle ni moins déplacée entre l’auteur de L’Expérience intérieure et celui de L’Être et le Néant  ? Il en a pourtant été ainsi de la vie pendant la guerre dans Paris occupé, au lendemain de l’une des années éditoriales françaises les plus riches  : on a ça et là tenté d’en écrire l’histoire  ; on ne l’a pas pour autant pensée si peu que ce soit.

Reprenons par le début cette histoire qui n’est décidément pas avare en étrangetés en tout genre. Bataille et Sartre – parce que, somme toute, c’est d’eux qu’il est essentiellement question dans cette affaire, c’est eux que cette rencontre oppose, quelque nombreux que soient ceux qui y assistent aussi et qui y prennent part – Bataille et Sartre ont tous deux publié deux livres essentiels l’année précédente  : L’Expérience intérieure, je l’ai dit, et L’Être et le Néant. Chacun à sa façon va marquer les années à venir. L’Être et le Néant, on sait comment et avec quel éclat  : de lui va naître l’existentialisme dans lequel c’est toute une génération qui va se reconnaître. L’histoire en a été faite, nul besoin d’y revenir. L’étonnant, c’est qu’il ne soit, dans cette querelle, qu’assez peu question de ce livre majeur promis à tous les succès, mais essentiellement de celui de Bataille, qui n’en connaîtra aucun. La faute en incombe paradoxalement à Sartre qui s’en était longuement (trois livraisons) et violemment (alternent hargne et ironie) pris à lui dans une recension des Cahiers du Sud, intitulée  : « Un nouveau mystique ». Les mots en sont durs, l’incompréhension à peu près totale, au moins en apparence (Sartre est trop intelligent pour que son incompréhension ne soit pas feinte). Je reproduis ici quelques passages qui en témoignent  : « On connaît ces fameux raisonnements glacés et brûlants, inquiétants dans leur aigre abstraction, dont usent les passionnés, les paranoïaques  : leur rigueur est déjà un défi, une menace, leur louche immobilité fait pressentir une lave tumultueuse. tels sont les syllogismes de M. Bataille. Preuves d’orateur, de jaloux, d’avocat, de fou. » ; « Le reste est affaire de la psychanalyse. Qu’on ne se récrie pas  : je ne pense pas ici aux méthodes grossières et suspectes de Freud, d’Adler ou de Jung  : il est d’autres psychanalyses. » (lesquelles, Sartre ne le dit pas qui ne semble pas suspecter moins Freud que Bataille, c’est dire…) Le réquisitoire est si violent que l’affaire aurait dû d’en trouver close. Marcel Moré, autre étrange personnage dont l’histoire reste à écrire, n’en est pas convenu si facilement. Il a même au contraire décidé d’inviter à l’une des soirées qu’il organisait chez lui les deux hommes à débattre. Eux deux et beaucoup d’autres avec. Dont il est possible de dire que, pour les uns, ils étaient apparentés à Bataille (Blanchot, Klossowski, Leiris) pour d’autres à Sartre (Beauvoir, Merleau-Ponty…) De troisièmes, il était sans doute possible de penser qu’ils seraient neutres (Gandillac, Paulhan, Adamov, par exemple). Mais de quatrièmes, on sait qu’ils n’avaient pas moins ménagé Bataille que Sartre lui-même, quoique d’un point de vue tout différent  ; ainsi du chrétien Gabriel Marcel, lequel avait conclu son étude de L’Expérience intérieure en ces termes  : « Je doute en vérité qu’on ait jamais été plus loin dans la formulation d’un nihilisme radical. » (Les chrétiens sont très représentés, sans doute justifiés à l’être par le thème de la rencontre – le péché  ; on remarquera par contre l’absence de tout surréaliste, même de la deuxième génération qui avait pourtant aussi attaqué cette Expérience intérieure au moyen d’un tract intitulé « Nom de Dieu »).

Ce sont ces trois parties que nous reproduisons dans ce livre : la conférence originale de Bataille, absente dans la première édition de cette la Discussion dans le revue Dieu vivant car Bataille l’avait reprise (dans une version légèrement modifiée) dans son Sur Nietzche ; l’exposé de Daniélou servant d’introduction aux débats ; enfin, la Discussion elle-même, qui constitue le cœur de ce petit théâtre conceptuel, sado-klossowskien s’il n’était pas avant tout bataillien, où se découvre un Bataille étrange, tantôt étonnamment doux et cauteleux (adoptant la position du coupable), tantôt brutalement rhéteur, ne le cédant en rien à Sartre, à la fin s’assurant sur lui d’un avantage inattendu, si ce n’est décisif. Sartre, d’ailleurs, ne parlera plus de lui, à l’avenir qu’avec circonspection et respect.

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PHILIPPE MURAY, ESSAIS

Parution : 16 septembre 2010.

Philippe Muray, Essais

Paris : Les Belles Lettres, 2010.

1824 p.

Prix 33EUR

 

Présentation de l'éditeur : 

L'oeuvre de Philippe Muray (1945-2006) est de celles dont on ne se remet pas. Méchante pour certains, quasi prophétique pour d'autres, elle jette sur le monde une lumière si vive que la rétine s'en trouve brûlée, et superpose aux choses une indélébile petite tache d'ironie.
Car ce qui caractérise notre époque est pour Philippe Muray son sérieux terrible, sa certitude agressive et béate d'être meilleure qu'un avant dont elle ne veut rien savoir et de se diriger vers un avenir aussi paradisiaque et inéluctable que désincarné. Cette dévotion à un Bien qu'on ne peut remettre en question est la source d'innombrables sottises, comme le chemin le plus court vers des formes nouvelles de barbarie. 
Pour la première fois, Les Belles Lettres publient donc, en un seul volume, sept des plus grands textes de Philippe Muray (L'Empire du bien, les deux tomes d'Après l'histoire et les quatre Exorcismes spirituels), afin de permettre au lecteur de saisir toute la puissance de sa vision, mais aussi de goûter à tout le brio de son style. Car si Philippe Muray porte un regard désespéré sur le monde, son désespoir n'est ni triste ni ennuyeux. On s'amuse beaucoup en compagnie d'une vaste galerie de personnages digne des Caractères de La Bruyère, dans laquelle un index permettra de se promener à loisir. Une annotation soignée éclaire également les diverses allusions factuelles.
Parce que les cibles véritables de cette plume acérée sont toutes les formes de bien-pensances, son extraordinaire liberté de ton, outre l'hilarité qu'elle provoque, procurera à certains un véritable enthousiasme en ces temps souvent sombres. 
« Enfant de Bloy par la colère, de Céline par la fièvre, de Rabelais par l'imagination, il se fait un devoir de pulvériser les vanités de son temps, de les transformer façon puzzle. »
SEBASTIEN LAPAQUE, « La charge joyeuse de Philippe Muray contre l'Empire du Bien ».

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Filippo Del Lucchese; Tumultes et indignation. Conflit, droit e multitude chez Machiavel et spinoza.

éd. Amsterdam

 

Traduction de Pierre Pasquini

S’il est deux expressions qui reviennent en permanence dans la pensée politique aujourd’hui, ce sont sans doute celle de « crise » et de « puissance ». En quoi ces deux notions, loin de s’opposer, se nourrissent-elles mutuellement, au point de former une boucle conceptuelle qui a dynamisé tout le développement de la modernité ? En quoi est-ce en entrecroisant les pensées de Machiavel et de Spinoza que l’on peut le mieux comprendre cette solidarité profonde entre crise et puissance ? Telles sont les questions qui servent de fil rouge à ce livre qui s’adresse à la fois aux amateurs d’histoire de la philosophie et aux esprits avides de mieux comprendre les ambivalences de la modernité. En mettant en scène un dialogue conceptuel entre Machiavel et Spinoza, Filippo del Lucchese court-circuite quelques-unes des oppositions les plus largement répandues et néanmoins les plus aveuglantes : il montre que la « nécessité » spinozienne n’est nullement incompatible avec la « contingence » machiavélienne, mais que toute intervention politique doit au contraire savoir exploiter des développements nécessaires pour être à même de saisir l’occasion de changer le monde. De même ne faut-il jamais opposer « la logique des institutions » (collectives) à « l’économie des affects » (individuels) : on ne peut commencer à se repérer dans le champ politique qu’en prenant conscience qu’elles constituent les deux faces d’une même pièce. Ce livre nous montre que le tumulte n’est pas synonyme de « chaos » et que l’indignation ne se réduit jamais à une simple « passion ». C’est seulement en prenant la mesure du tumulte des crises et en s’appuyant sur la puissance rationnelle des indignations que peuvent s’imposer ensemble la nécessité et la possibilité d’une transformation radicale de nos sociétés.

Table des matières

REALISME

- Le ciel, le soleil, les éléments, les hommes : nécessité et occasion dans le réalisme de Machiavel et Spinoza 
- La " liberté " et le " bien commun ", c’est-à-dire la tyrannie

CONFLIT 
- Spoliatis arma supersunt, furor arma ministrat : la philosophie comme résistance 
- Jérusalem et Rome 
- Iustitia et armi

MULTITUDE 
- Quid corpus possit nemo hucusque determinavit : le " cri de bataille " du spinozisme 
- Etre individuel multiple

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