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« La tête de mort est indubitablement l’image de mon visage, et son image fidèle : seulement un peu banalisée, un peu simplifié. C’est bien moi que j’aperçois dans le visage de la mort, mais réduit à sa plus simple expression, c’est-à-dire à mon corps... Que reste-t-il de moi dans cette image parfaitement atone, de mon corps mort ? Reste le principal : mon corps humain à peu près semblable aux autres corps humains. L’état de mort a parfaitement respecté mes caractéristiques physiques et je ne puis me plaindre d’aucune altération frauduleuse. 

Cette image du cadavre comme image de soi traduit, naturellement, un refus général du corps... Le cadavre n’est pas la somme de mon corps, mais son reste sa “dépouille” : il y manque un élément qui était présent quand j’étais vivant et qui a disparu au moment de ma mort... S’il y a dans l’homme vivant quelque chose qui n’existe pas dans l’homme mort, et attendu d’autre part que rien ne saurait se perdre dans la nature, il faut bien que ce quelque chose qui manque au cadavre continue d’exister quelque part. » 

 

Clément Rosset ; Principes de sagesse et de folie. 

 

 

Au livre III de son livre, principalement consacré à la mort, Lucrèce nous apprend qu’une des tâches les plus dures qui incombent à l’esprit humain consiste dans la pensée de sa propre disparition.

 

Le paradis d’Adam et Ève est un paradis du temps de l’enfance. Théophile pense qu’Adam a mangé trop tôt du fruit de l’arbre de la science. « Par son âge, Adam n’était encore qu’un enfant, et c’est pour cela qu’il ne pouvait comme il faut recevoir la science » Trois livres à Autolycus. Iréné partage le point de vue de Théophile, Adam et Ève étaient de « petits enfants » ils n’étaient donc « ni accoutumés ni exercés à la conduite parfaite... Dieu pouvait quant à lui donner dès le commencement la perfection à l’homme, mais l’homme était incapable de la recevoir, car il n’était qu’un petit enfant » Contre les hérésies IV, 38, 1. L’homme avait accueilli la désobéissance par inadvertance et non par malice, il n’y a pas chez Irénée de trace de « masse de perdition » ni d’une condamnation globale à l’enfer qu’aurait méritée l’humanité pécheresse. « Il fallait que d’abord apparût cette nature pour qu’ensuite ce qui est mortel fût vaincu et englouti par l’immortalité »

Retable d'Orchaise : Jugement dernier 15e siècle Blois, château, musée des Beaux-Arts

Retable d'Orchaise : Jugement dernier 15e siècle Blois, château, musée des Beaux-Arts

Une façon d’aborder le paradis est de l’aborder par la peur. Pour sortir de la peur, pour aller plus loin, nous sommes amenés à nous orienter vers le sentiment de sécurité, de se rassurer, de se protéger, ainsi arrive l’espérance et le salut. On arrive au paradis.

Pourtant il y a peu d’intérêt pour le paradis, on a souvent préféré l’enfer ou le purgatoire. Chez Dante, dans « La divine comédie » les deux premiers livres sont très pittoresques, mais on a oublié que le paradis est très réussi, il y a moins d’images, mais plus de musique. Le paradis fut oublié, car nous nous sommes plus facilement fixés sur le jugement dernier. Dans ce jugement dernier, on préfère l’image des damnés qui chutent dans des chaudrons brûlants de l’enfer que la sage procession des élus. Dans le paradis il n’y a pas que le jugement dernier. On retient plus l’image des supplices que celle des délices. Cela est bien sûr lié à l’histoire de la peur.

Parenthèse anthropologique cette peur est une exception humaine dans la nature, cette exception humaine fait que l’homme est d’une part celui qui a beaucoup plus peur que les autres êtres de la nature parce qu’il anticipe sa mort. L’animal peut anticiper sa mort si elle est proche de lui ; mais il ne va pas la conceptualiser longtemps à l’avance. Le petit d’homme sait dès l’âge de quatre ou cinq ans qu’il mourra. L’homme est par excellence l’Être qui a peur. En même temps plus que tous les autres êtres de la nature, c’est l’Être qui espère. Le paradis c’est le bout de cette espérance. Le Paradis fut longtemps le paradis terrestre, car le mot paradis sans épithètes signifie le jardin, le jardin des délices où vécurent un moment Adam et Ève. Le mot paradis veut dire jardin, c’est un mot perse qui fut hellénisé en παράδεισον (paradeisos) devenu notre paradis et cela désignait dans le langage persan un jardin verdoyant protégé par des murs, un enclos, contre les vents brûlants du désert, voilà ce qu’est le paradis. 

La première question qui vient à l’esprit est ; est-ce que le paradis terrestre, jardin terrestre, serait le même que le paradis auquel nous accéderions la mort venue ?

Il y a eu au cours des âges transposition dans l’au-delà des jardins d’ici-bas ; le jardin d’ici-bas a été perdu, mais on le retrouverait. On peut dire que c’est une certaine façon de conceptualiser un bonheur qui deviendrait éternel. Quand a-t-on pour la première fois imaginé le paradis définitif comme un jardin ? Le premier texte où le paradis est décrit comme un jardin bien heureux, date du milieu du troisième siècle dans l’entourage de Saint Cyprien, ce qui s’est amplifié au cours des siècles, qu’il culminera avec l’agneau mystique de Gand polyptyque commencé par Hubert Van Eyck et terminé par Jan Van Eyck. Polyptyque représentant en fait une Toussaint c’est-à-dire le rassemblement des élus après le jugement dernier autour de l’agneau mystique, le Christ.

Pendant de nombreux siècles, près de trois millénaires, les juifs et les chrétiens, à quelques exemptions près n’ont jamais mis en doute le caractère historique de la genèse et donc il y a une situation géographique de ce lieu. Le texte pris au pied de la lettre laisse à penser qu’il peut se localiser. Pourtant Theilhard de Chardin dira qu" « il n’y a aucune cicatrice du paradis terrestre. » Il nous faut donc faire notre deuil du paradis terrestre, ce qui a des conséquences théologiques. Mais pendant très longtemps on a imaginé le paradis terrestre en le situant.

 

8 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.

9 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

10 Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.

11 Le nom du premier est Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.

12 L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.

13 Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Cusch.

14 Le nom du troisième est Hiddékel (Tigre) ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.

15 L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.

 

Ainsi longtemps on a situé le paradis quelque part en orient, à partir du XVIe siècle et plus particulièrement de Calvin et du protestantisme il y a eu un effort pour le situer dans l’Iraq actuel.

Mais on a longtemps pensé que si le paradis se trouvait quelque part en orient, inaccessible, barré par l’épée des chérubins, par une muraille de feu, en revanche les contrées proches de ce paradis terrestre conservaient des éléments majeurs du paradis d’autrefois et donc avaient des richesses extraordinaires. Ce qui a donné naissance à la légende du prêtre Jean ; « Au-delà de la Perse et de l’Arménie, s’étend un merveilleux royaume dirigé par le Prêtre Jean. Cette terre est traversée par un fleuve provenant du Paradis, charriant émeraudes, saphirs et rubis. Toutes les valeurs chrétiennes sont respectées à la lettre. Le vol, la cupidité, le mensonge sont inconnus. Il n’y a pas de pauvres. Surtout pas le Prêtre Jean, dont le palais sans fenêtre est éclairé de l’intérieur par toutes les pierres précieuses dont il est paré… » Le royaume du prêtre Jean n’a disparu de l’imaginaire qu’au XVIe siècle.

On ne pense pas assez que les voyages de découverte de la Renaissance ont été motivés par l’idée qu’il y avait quelque part des terres extrêmement riches en Orient, elles conservaient des éléments accessibles du paradis terrestre. Christophe Colomb est l’un de ceux qui croyait que le Paradis terrestre se trouvait en orient. Cela le conduit en Amérique, mais il ne le sait pas, il a pensé qu’en remontant l’Orénoque, un fleuve qui pensait-i, l arrivait du paradis terrestre, on pouvait théoriquement arriver jusqu’à lui. Ces voyages ont été motivés par l’espoir de retrouver des territoires proches du paradis terrestre.

Mais avant existait-il un paradis ? On peut faire un rapprochement entre le texte de la genèse et l’épopée de Gilgamesh où il y a aussi une sorte paradis terrestre, on pense même que les rédacteurs de la genèse n’ont pas inventé le thème du paradis terrestre qui se trouvait déjà dans la mémoire et l’écriture de textes plus anciens. D’autre part, les gréco-romains ont inventé le thème de l’âge d’or en particulier Hésiode et Ovide, ainsi le paradis terrestre christianisé a assimilé en même temps des éléments venus de la littérature sumérienne, hébraïque et gréco-romaine sans parler de la littérature orientale. De sorte qu’on a infusé dans le thème du paradis terrestre des éléments qui venaient d’Ovide, d’Hésiode et d’autres. En quelque sorte une christianisation des mythes sumériens, hébreux et gréco-romains.

Les juifs hébreux ont certainement cru au paradis terrestre, mais ne lui ont pas accordé l’importance que le christianisme et l’Islam lui ont donnée. C’était un thème parmi d’autres. Ainsi les personnes d’Adam et Ève sont peu présentes dans l’ensemble de la littérature hébraïque. C’est un thème théologique, les juifs de l’Ancien Testament n’accordent aucune importance au thème du péché originel.

Le paradis est le fruit d’interpénétration très différente à partir de mêmes textes.

 

Esquisse pour le Paradis, Véronèse Caliari Paolo (1528-1588) Lille, Palais des Beaux-Arts

Esquisse pour le Paradis, Véronèse Caliari Paolo (1528-1588) Lille, Palais des Beaux-Arts

Le règne du Christ qui dure mille ans.

L’attente messianique du judaïsme s’est transformée en attente millénariste dans l’histoire chrétienne. Mais là, il y a un rôle très particulier joué par le chapitre XX de l’apocalypse de Saint-Jean. En annonçant catégoriquement qu’après toute sorte de cataclysmes il y aurait une parenthèse de mille ans, Satan sera cadenassé en enfer, il ne pourra rien faire, la paix viendra sur la Terre et le Christ reviendra sur Terre pour y régner pendant mille ans avec les justes ressuscités. Puis les mille ans passés, Satan libéré sévit de nouveau. Il y aura le dernier combat entre le bien et le mal et ce sera le jugement dernier et l’éternité.

Ainsi ces courants millénaristes sont des métaphores d’un paradis terrestre retrouvé. C’est Saint Augustin qui voyant apparaître une parenthèse trop charnelle, dit que les mille ans ont commencé avec la naissance du Christ, donc nous sommes en route vers le jugement dernier.

Comment a-t-on glissé de la nostalgie du jardin d’Éden à l’espérance d’un nouveau paradis terrestre ? Cette espérance en se laïcisant a donné naissance à la notion de progrès et de socialisme.  Tout commence avec Joachim de Flore, « les rêves des hommes constituent une partie de l’heure histoire et ils expliquent beaucoup de leurs actes. »

 

Esaïe 11,1-9

1 Puis un rameau poussera de la souche d’Isaïe, un rejeton de ses racines portera du fruit.

2 L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de puissance, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel.

3 Il prendra plaisir dans la crainte de l’Éternel. Il ne jugera pas sur l’apparence, n’adressera pas de reproches sur la base d’un ouï-dire.

4 Au contraire, il jugera les faibles avec justice et corrigera les malheureux de la terre avec droiture. Il frappera la terre par sa parole comme par un coup de bâton, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.

5 La justice sera comme une ceinture autour de sa taille, et la fidélité comme une ceinture sur ses hanches.

6 Le loup habitera avec l’agneau et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le jeune lion et le bétail qu’on engraisse vivront ensemble, et un jeune garçon les conduira.

7 La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits un même enclos, et le lion mangera de la paille comme le bœuf. 8 Le nouveau-né s’amusera sur le nid de la vipère et le petit enfant mettra sa main dans la grotte du cobra.

9 On ne commettra ni mal ni destruction sur toute ma montagne sainte, car *la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, tout comme le fond de la mer est recouvert par l’eau.

Nous pourrions évoquer le livre de Daniel commenté par Menasseh Ben Israël qui aura un grand retentissement au XVIIe siècle.

 

La promesse du paradis terrestre s’est laïcisée en idée de progrès et en perspective d’utopie. On voit naître à partir de l’utopie de Thomas More en 1516, un thème platonicien, celui d’une citée idéale où tout marcherait bien. De façon certes très autoritaire et réglementée, l’humanité connaîtrait le bonheur.

Au XVIe siècle, Thomas Müntzer commenta ces textes. Müntzer était un révolutionnaire social un chevalier de dieu. Engels écrit ; pour Münster, la vraie, la vivante révélation, c’était la Raison. Par cette foi, par cette Raison devenue vivante, l’homme se divinise, se sanctifie... De même qu’il n’y a pas de ciel au-delà, il n’y a ni enfer ni damnation... Le Christ a été un homme comme nous... Ces théories étaient prêchées par Müntzer, la plupart du temps, déguisées sous les mêmes formules chrétiennes sous lesquelles la philosophie moderne a dû quelque temps se déguiser. Mais il prenait ce masque biblique bien moins au sérieux que maint disciple de Hegel dans les temps modernes. »

Interprétation des textes reprise ensuite par Campanella dans « la cité du Soleil ». Dans ce texte Campanella entrevoit que l’histoire chrétienne va déboucher dans les mille ans de bonheur promis par l’Apocalypse de Jean, et là une société totalement socialiste, l’humanité entière gouvernée par le pape, société qui serait heureuse pendant mille ans avant les cataclysmes des derniers jours.

Ce thème s’est laïcisé au XVIIIe et au XIXe siècle et l’on entrevoit un bonheur qui serait de moins en moins un bonheur religieux qui serait de plus en plus un bonheur humain, avec les progrès de l’instruction, de la technique, des sciences... On aurait à la fois le bonheur matériel et le progrès moral, ce qui fut l’une des grandes croyances du XIXe siècle.

Dante Alighieri et la Divine Comédie; Domenico di Michelino (1417-1491)   Italie, Florence, duomo Santa Maria dei Fiori

Dante Alighieri et la Divine Comédie; Domenico di Michelino (1417-1491) Italie, Florence, duomo Santa Maria dei Fiori

Si le paradis fut un temps terrestre en est-il pour autant le royaume des Cieux ?

Jésus n’a jamais décrit le paradis. La seule mention du mot paradis dans les évangiles c’est au moment de la mort de Jésus quand il dit au bon larron, « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ». Jésus ne parle pas ici du paradis comme d’un au-delà, mais comme lieu d’attente des justes, là où les justes attendent la résurrection. Jésus ne parle que du royaume des Cieux, sans jamais le décrire. Il l’évoque dans le chapitre XXV de Mathieu verset 35 à 40 ; et le roi leur répondra : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » Il s’agit essentiellement d’un rapport à l’autre, d’un rapport à Dieu, il y a la promesse que la bonté engendrera la bonté définitive. Ainsi à l’opposé de Sartre qui écrit l’Enfer c’est les autres, Mathieu écrit le paradis c’est les autres.

Une autre traduction possible de paradis est, demeure, qui dans le texte biblique n’est pas explicitée, mais comme le dit Valère Novarina demeure est autant un verbe qu’un lieu. Malgré toutes les iconographies et tous les textes, on s’est rendu compte que l’on ne pouvait pas décrire l’au-delà. Le concile de Trente dira nous n’avons pas à imaginer le paradis. Ainsi, dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, à l’article Paradis, il est dit, le paradis n’est pas un lieu, mais un état.

 

Les promesses des retrouvailles au paradis, un paradis qui se tourne plus vers l’humain que le divin. L’humanité mérite son nom au moment où elle honore ses morts, à rendre un culte à ses morts, à se relier aux autres humains par delà la mort. C’est une dimension essentielle de l‘homme. Ainsi on se préserve de la peur de la mort. Le paradis chrétien se présente comme une situation d’harmonie parfaite entre les êtres humains, il remplacera par la concorde et l’amitié les haines nées du péché.

 

Si le paradis fut un temps terrestre en est-il pour autant le royaume des Cieux ?

Jésus n’a jamais décrit le paradis. La seule mention du mot paradis dans les évangiles c’est au moment de la mort de Jésus quand il dit au bon larron, « aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ». Jésus ne parle pas ici du paradis comme d’un au-delà, mais comme lieu d’attente des justes, là où les justes attendent la résurrection. Jésus ne parle que du royaume des Cieux, sans jamais le décrire. Il l’évoque dans le chapitre XXV de Mathieu verset 35 à 40 ; et le roi leur répondra : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » Il s’agit essentiellement d’un rapport à l’autre, d’un rapport à Dieu, il y a la promesse que la bonté engendrera la bonté définitive. Ainsi à l’opposé de Sartre qui écrit l’Enfer c’est les autres, Mathieu écrit le paradis c’est les autres.

Une autre traduction possible de paradis est, demeure, qui dans le texte biblique n’est pas explicitée, mais comme le dit Valère Novarina demeure est autant un verbe qu’un lieu. Malgré toutes les iconographies et tous les textes, on s’est rendu compte que l’on ne pouvait pas décrire l’au-delà. Le concile de Trente dira nous n’avons pas à imaginer le paradis. Ainsi, dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, à l’article Paradis, il est dit, le paradis n’est pas un lieu, mais un état.

 

Les promesses des retrouvailles au paradis, un paradis qui se tourne plus vers l’humain que le divin. L’humanité mérite son nom au moment où elle honore ses morts, à rendre un culte à ses morts, à se relier aux autres humains par delà la mort. C’est une dimension essentielle de l‘homme. Ainsi on se préserve de la peur de la mort. Le paradis chrétien se présente comme une situation d’harmonie parfaite entre les êtres humains, il remplacera par la concorde et l’amitié les haines nées du péché.

 
Titre original : Scene aus Kairuan Jardin des délices orientaux Paul Klee 1925

Titre original : Scene aus Kairuan Jardin des délices orientaux Paul Klee 1925

Que reste-t-il du paradis ?

À partir du moment où Galilée, Newton, Kepler interviennent, ils font s’effondrer la cosmographie aristotélicienne dans laquelle le moyen âge avait situé le paradis. Donc le paradis non seulement n’a plus de lieu mais n’est plus un lieu. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine le confirmera. La question depuis lors est que reste-t-il du paradis ? Il reste une situation, qui nous est impossible de décrire, mais qui nous est possible d’espérer. Ainsi avec les sciences le paradis n’a plus d’espace, plus de temps. Le problème est que l’imagination humaine ne peut aller au-delà du temps et de l’espace.

 

Hans Küng dans son « traité du commencement de tout chose » écrit, « ce n’est pas parce que nous ne pouvons pas voir derrière le rideau qu’il faut dire qu’il ne s’y trouve rien ».

 

MF

Café philo à L'Albert café, le 5 mars 2013.

Tag(s) : #L'Albert Café, #Paradis, #Dante, #Génèse

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