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La beauté peut elle rendre fou ? 
Il m'a semblé important, avant de porté quelconque réflexion sur ce que peut être la beauté et sur ce que peut être le fou et sur le lien qui existe entre la beauté et le fou, de leur donner la parole pour pouvoir établir une réflexion juste.
 
La beauté s'exprime.
 
« J'existe depuis l'aube des temps. Mon premier nom connu, selon les dictionnaires provient du latin on m'a nommé bellus pour  qualifier des femmes et des enfants avec la valeur de « mignon, joli, charmant, adorable », ne s'appliquant aux adultes que par ironie. Bellus est un diminutif familier de bonus (bon). Le rapport entre les deux est sensible dans certains emplois ou l'adjectif signifie en bon état, en bonne santé. Dans la langue française on m'a qualifié de ce qui plait aux yeux mais uniquement en parlant d'un être et ce des les premiers textes. La beauté (Je) pouvait(s) éveiller un sentiment de supériorité, d'admiration, mais a aussi une place dans les qualités morales et intellectuelles.
Il est important de souligner le fait que l'on me plaque sur tout. Tout peut être beau en fonction de celui qui admire. Je qualifie des paysages, des êtres vivants, mais aussi des corps et des visages, des palais, des tableaux, des œuvres musicales, des poèmes, des romans, des films, des idées mêmes, de toutes les époques et cultures. Vous cherchez peut être le commun entre toutes les choses et êtres que je peux qualifier, vous savez, mois aussi.
Mais malgré les apparences qui sont trompeuses, il y en a. Je suis une source de plaisir, le simple fait de prononcer le mot beauté est une source de plaisir, mais aussi de bonheur.
 On me perçoit, dit on, je ne sais pour quelle raison. L'explication que l'on me donne c'est que je représente une unité au milieu d'une multiplicité, je représente un ordre au sein d'une matière, je suis la symétrie et l’harmonie (dans le sens ou chaque partie d'un ensemble doit être accordée aux autres et subordonnée au tout, pour pouvoir donner une impression d'unité). Mais c'est la que les choses se compliquent, c'est la ou je dépasse toutes les explications et définitions que l'on a pu me donner jusqu'a présent. Parce que le chaos et l'absence d'harmonie représente aussi la beauté. Peut être vous comprenez déjà ou je veux en venir.
 Je touche un monde sensible, le monde invisible (celui des sensations) tout en restant dans le visible et dans la matière. Je créais des sensations inexplicables qui vous saisissent d'une manière inattendue, ou après une longue réflexion qui suppose une participation intellectuelle. Devant   un tableau par exemple, je vous saisi, est-ce la beauté du tableau dans son unité ou votre sensation, peut être le lien entre les deux. Cependant les mêmes tableaux ne provoquent pas les mêmes sensations chez tout le monde. Pourquoi direz vous ? Car l'art est une création humaine et toute création humaine nécessite une compréhension et donc un apprentissage. C'est la raison pour laquelle dans les musés vous passez devant des beauté sublime, que pour vous n'ont pas d'importance, qui n'attirent pas votre attention. Et vous vous arrêtez devant d'autres que vous trouvez splendides et qui vous font oublier non seulement le monde qui vous entoure, mais aussi vous-mêmes.
Cependant une question se pose, la beauté n'est peut être pas qu'une question de subjectivité. Une chose peut être qualifiée de belle sans différence de culture, de sexe et d’âge. Ce ci dit pourquoi on est tous d'accord pour dire qu'un paysage naturel  est beau. Parce que la beauté naturelle s'associe facilement à l'idée d'une puissance créatrice de la nature, extérieure à l'homme. Et la on peut parler d'une beauté, et de sa puissance, devant laquelle notre impuissance et certaine, une impuissance qui nous laisse pas le choix et cette absence de choix nous rend libre de ne pas choisir, donc libre d’être raisonnable et donc loin de la folie.
 Cependant la femme, la beauté de la femme provient également de cette puissance créatrice de la nature, mais elle reste accessible, la femme peut être possédée, désirée, la femme possède un corps que l'on peut toucher, un visage que l'on peut aimer, une âme que l'on peut séduire. La femme est une tentation, sa beauté est une valeur.
Oui on me considère comme une valeur, une valeur qui s'oppose a d'autres, on m'oppose à l'utilité, a la recherche de puissance, a la vérité, qui représente le dévoilement de la réalité souvent aussi on m'oppose à la moralité. Cette distinction nous oblige à faire des choix qui peuvent être douloureux et parfois fatals. Mais pourquoi cette question de choix. Il serait intéressant de savoir pourquoi choisir, peut être j’attire, mais pourquoi, avec quoi j’attire.
Pourquoi devant moi les mots s'éteignent l'envie de donner du sens disparaît, pour laisser la place a l'absence de celui ci. La neuroscience aujourd'hui a démontré que lors d'un jugement esthétique, s'active le cortex orbito-frontal, qui joue un rôle majeur dans la perception du sentiment de récompense, mais aussi le cortex moteur impliqué dans les mouvements volontaires. Et donc plus l'image est jugée belle plus le cortex orbito-frontal s'active, et plus elle est jugée laide plus le cortex moteur s'active. Et la on revient a la définition de la beauté, la beauté est « ce qui plait » est la récompense même au cerveau, mais uniquement pour le cerveau en bonne santé. La seule contemplation de la beauté est déjà une récompense, cette récompense ne donnant pas la place a un sens quelconque, car elle représente le sens en soi.
 
Le fou s'exprime
 
Je ne sais comment et par où commencer, peut être par le fait que je me satisfais moi-même. Être fou, veut dire avant tout être libre, être libre de tout jugement, être libre de tout engagement, ne pas dépendre de la loi ou pas comme ceux qui se disent normaux. Être toujours excusé, pouvoir tout faire, caché sous la simple étiquette « être fou ».
On m'appel fou, parce que je suis hors norme, je ne rentre pas dans le cadre des exigences de la société. On m'appel fou parce que mon monde imaginaire est tellement beau que l'on m'envie on veut a tout prix me le reprendre sous prétexte que l’on me soigne. On me juge, on m'insulte, je dérange, il paraît. Mais personne ne peut m'atteindre, ni me toucher.
Derrière la cage en verre je suis chez moi, je l'ai construite on ne sais pour quelle raison, la science aujourd'hui, a mit des mots dont elle ne retrouve plus le sens. Vous voulez me débarrasser de ma cage transparente, me sauvez vous dite, la raison vous trompe, votre raison vous envahi, ne sachant quoi faire vous me privez de ma liberté, celle de la cage en verre. Toutes sortes d'écoles ont été créées pour satisfaire nos besoins spécifiques. On commençant par la psychiatrie, les asiles de fou créées en notre honneur, l'enfermement pour ne plus faire peur, pour sauver la société pour la protéger disait t'on, mais aussi pour nous protéger nous, mais de qui pensez vous ? De nous même bien sûr, Et cette histoire n’est elle pas folle.
Les écoles de psychanalyse se multiplient, tout le monde se déclare psychanalyste, bien sûr toujours dans la bonne intention pour satisfaire nos besoins qui augmentent dit on. Les comportementalistes à leur tour avec leur conditionnement Pavlovien, attendent peut être que l’on se mettent a saliver. On s'est beaucoup préoccupé  de nous à tel point que la société a commencée à nous produire dans des usines pour mieux pouvoir nous étudier.
Expérimenter sur nous ses nouvelles méthodes, et le thérapeute ses propres ressentis que je crois l’on appel le fameux contre transfert, sa chimie et sa sismothérapie. Pour voir tous les effets que les médicaments et les électrochocs peuvent produirent chez l'homme. Mais pour que les choses semblent cohérentes on nous met l'étiquette de fou, pour pouvoir mieux expérimenter, pour en avoir le droit surtout. Vous savez il me semble que le fou, ce n'es pas moi, c'est vous, et ma folie peut être s'exprime dans le fait que j'ose dire ce qui est dans mon cœur comme le dit très bien Erasme « Tout ce que le fou a dans son cœur il le montre sur son visage… », j'exprime ma douleur de manière que l'on puisse connaître et comprendre ce que fou veut dire. Mais votre folie se situe dans le fait que depuis que j'existe je vous passionne, je suis votre passion la  plus profonde, votre amuse gueule, je suis celle qui vous montre l'absence de limite, l'absence de sens, celle qui vous montre qu'une vie peut être vécue d'une manière différente.
Je rêve du jour ou l'on va se rendre compte, que fou était nommé celui qui s'oppose a la réalité (humaines), celui qui s'oppose aux normes (humaines), celui qui s'opposes aux règles aux lois, aux exigences, mais c'est surtout celui sans lequel aucune société aucune famille, aucun couple n'aurait pu fonctionner, car si vous ne savez pas encore, je fais partie de votre monde, je suis une partie a part entière de vous. Je suis la partie, que vous appelez incohérente, mais la seule qui vous permet de vivre pleinement et de profiter de la vie.   Oui je vois votre monde, vous avez une vie, un boulot, une maison, une famille, une vie sociale, des loisirs comme vous les appelez.
Mais vous n'avez pas l'essentiel.
Le désire de le posséder, les choix que vous êtes obligé de faire, l'envie et le dilemme qui se pose devant vous ; chercher le sens perdu ou se laisser prendre par cette absence vous rend souvent fou.
Je suis tout sauf une unité, tout sauf une loi, tous sauf une harmonie, je suis le sens perdu pour ceux qui en voyaient un. Je suis celui qui rend la beauté belle, qui entretient la folie chez le fou.
Tout ce la pour vous dire qu'entre vous il y a des hommes, il y a des femmes. Vous tous pouvez être qualifiés de beaux, mais le symbole de la beauté dans nôtre société c’est La Femme. Érasme le dit très bien « la femme a beau mettre un masque, elle reste toujours femme, c'est-à-dire folle ». 
Elle a les capacités incroyables à rassembler sous sa chair la folie et la beauté. La beauté lui sert pour attirer, capter, capturer, et la folie pour entretenir et sauvegarder sa proie. Si vous voulez, une femme qui est uniquement belle attire, mais très vite tout s'évapore et une autre qui est uniquement folle sans être belle, repousse, fait peur.
La beauté et la folie se marient bien ensemble elles s'associent sous le nom de la femme. Mais pas n'importe laquelle, je parle d’une  femme celle qui est dite normale dans notre société.
Erasme souligne une pensée répandue, la femme n’est pas dotée de raison, ne fait pas partie des êtres réfléchies et son désire de prouver le contraire la rend deux fois plus folle.
Ce la dit c’est une hypothèse très intéressante, mais en se penchant sur le sujet, on se rend compte que l’homme de son côté doté de la raison est l’être réfléchi par excellence s’effondre du jour au lendemain devant une beauté qu’il ne peut qualifier, ne peut expliquer. Ni la beauté en elle-même, ni les sensations que cette contemplation lui procure, la raison trouve ses limites devant la puissance que créée cette absence de sens.
Il est capté devant cet être irréfléchi qu’est la femme, sa raison du coup devient défaillante, pour donner place à la passion. Les Dieux se sont occupés de l’Homme ils lui on offert une part irréfléchie celle des passions, et une part réfléchie, celle de la raison. Contrairement à ce que l’on peut croire une fois que les passions sont sollicitées, elles maîtrisent la raison et l’envahissent.  Dans le cas contraire on peut penser que l’on est fou, mais même si on ne l’est pas au départ, les passions nous font très vite goûter à la folie. Dans le sens où ; Les passions,  nous privent du sens, pour laisser la place à l’absence de celui-ci.

On ne peut rationaliser la beauté, ni les sensations qu’elle nous renvoie, on ne peut rationaliser ni le désire, ni l’envie de posséder cette dernière et chaque essai risque de nous sombrer dans la folie.
L’Homme deviendrais fou dans le sens ou les passions l’emportent sur la raison. Si l’Homme se satisfait de contempler et admirer la beauté, sa folie ne prendra pas des dimensions visibles. 

Maryia Lalova.

« Mais celui qui a été récemment initié, qui a beaucoup vu dans le ciel, aperçoit-il en un visage une heureuse imitation de la beauté divine ou dans un corps quelques traits de la beauté idéale, aussitôt il frissonne et sent remuer en lui quelque chose de ses émotions d’autrefois ; puis, les regards attachés sur le  bel objet, il le vénère comme un dieu, et, s’il ne craignait de passer pour frénétique, il lui offrirait des victimes comme à une idole ou à un dieu. »    Platon

   Le thème de la beauté qui rend fou est vieux comme le monde ou tout au moins comme la Guerre de Troie. La beauté d’Hélène a rendu fou Pâris et ce au point de déclencher une guerre désastreuse pour les Grecs vainqueurs comme pour les Troyens vaincus. Revenant de Troie, Ulysse devient fou en entendant la beauté du chant des sirènes et il ne doit son salut qu’à sa présence d’esprit qui lui fait ordonner à ses matelots de l’attacher au mat afin de résister à la tentation du plongeon fatal…Chez Homère, la beauté est dangereuse et conduit plus facilement à la perdition qu’au salut. C’est aussi pour cela que Platon déteste tant Homère, lui  qui à l’opposé de ce dernier exalte l’idée de l’unité entre le Beau et le Bien. Platon admet cependant que la beauté puisse rendre fou, mais il s’agit d’une folie sacrée qui ouvre la voie de l’ascension divine. Dans son dialogue sur la beauté Le Phèdre, Platon développe la thèse selon laquelle la vision du  Beau aurait le pouvoir de réveiller en l’âme du philosophe le souvenir du monde intelligible perdu après sa chute dans le corps. Paradoxalement, la réminiscence serait initiée par la vue des beaux corps, étape préliminaire à la contemplation des belles âme et finalement du Beau en soi. Or, Platon n’hésite pas à décrire la rencontre  de l’initié, qui n’est autre que le philosophe, avec la beauté en termes de folie enthousiaste. C’est un peu comme si l’amour de la beauté incarnée par un homme ou une femme nous plongeait dans un état de possession. Or, le fou c’est précisément celui qui ne se possède plus, qui est hors de lui. Pour Platon, cette folie causée par la beauté est une étape dialectique dans l’accession à la véritable sagesse qui réside dans la contemplation des Idées éternelles.
   L’idée de la beauté qui rend fou est largement reprise par la tradition romantique et spécialement chez Stendhal. Julien Sorel finit même par perdre littéralement la tête à cause de son amour  pour la belle Mathilde…Le phénomène stendhalien de la cristallisation est à bien des égards comparable à une forme de folie dans la mesure où l’amoureux perd toute notion d’objectivité en voyant la beauté qu’il veut voir. D’ailleurs, l’excès de cette capacité humaine à opérer des cristallisations mène à un trouble psychique clairement identifié sur le plan clinique et appelé significativement le syndrome de Stendhal ! De manière significative, les crises de syndrome de Stendhal arrivent souvent dans des musées et plus particulièrement dans la ville- musée de  Florence que l’auteur de La chartreuse de Parme aimait tant ! Il arrive ainsi que devant un beau tableau ou un beau monument des personnes éclatent soudain en sanglot et parfois s’évanouissent…Le syndrome de Stendhal prouve que la folie engendrée par la beauté dépasse le cadre du désir sexuel, même si la psychanalyse met le phénomène sur le compte de la sublimation.
   En guise de conclusion, je tenterai une hypothèse pour expliquer la beauté peut rendre fou. La beauté rendrait fou parce qu’elle constitue la preuve irréfutable de l’existence d’un monde meilleur que nous avons perdu. Sa vision procure donc à la fois une jouissance et une souffrance : jouissance du fait de son existence et souffrance du fait qu’elle nous est inaccessible…Le beau visage de l’être aimé nous manque toujours un peu même au moment où nous le contemplons.
                                                     Jean-Luc  Berlet.
Tag(s) : #Textes des cafés-philo

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