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   En cet été 2006, année du Bicentenaire de la victoire de Napoléon à Iena et de la rédaction par Hegel de la Phénoménologie de l'Esprit, Accord-philo a organisé son traditionnel séminaire estival autour du thème: Voyage en philosophie allemande. Le choix du lieu n'était pas anodin, puisque nos 25 philosophes parisiens se sont rendus à Lutzelbourg, dans les Vosges du Nord, une belle contrée marquée par l'héritage germanique avec ce qu'il a de meilleur et de pire...
Voici quelques uns des textes relatifs aux exposées présentés.

       Jean-Luc Berlet, président d'Accord-philo
(organisateur du séminaire)

Voici l'introduction des textes des exposés, ainsi que les textes intégral au format PDF.

 Voyage en philosophie allemande
Jean-Luc Berlet le 14 juillet 2006 à Hultehouse

L’Allemagne est incontestablement la plus grande nation philosophique, car quel autre peuple peut se targuer d’avoir engendré Leibniz, Kant, Hegel, Fichte, Schelling, Marx, Nietzsche, Schopenhauer, Husserl et Heidegger pour citer  les plus connus ? Comment s’étonner alors que presque tous les philosophes de cette liste, par delà leurs différences et leurs différents, étaient persuadés que la philosophie allemande avait pour vocation de rallumer la torche  éteinte de la philosophie grecque ? Hegel a vu dans l’Université allemande une résurrection de l’Académie platonicienne, Schelling a fait le lien entre le romantisme allemand et la mythologie grecque, Marx a érigé Prométhée en martyr de la philosophie, Nietzsche a perçu en Dionysos une préfiguration du Surhomme et Heidegger a identifié l’Allemagne à une Nouvelle Grèce ! Pourtant, tout en se réclamant de l’héritage grec, la philosophie allemande marque aussi son originalité. Ainsi, Hegel rompt catégoriquement avec la définition  grecque de la philosophie comme amour de la sagesse pour lui substituer l’idée que la philosophie constitue la science de la totalité du réel. En fait, Hegel très marqué par le christianisme, donne à la philosophie une mission messianique de salut historique alors que les grecs se contentaient de lui attribuer un rôle thérapeutique pour l’individu et la société. Nietzsche s’insurge contre l’historicisme hégélien qui revient à sanctifier le fait accompli et préfère définir le philosophe comme un médecin de la civilisation que comme un « fonctionnaire » de l’Idée Absolue. Cette tension entre la connaissance et la vie, entre la théorie et la pratique déchire la philosophie allemande tout en  en constituant l’incroyable fécondité.  A l’image de la Grèce, mais de manière encore plus tragique, c’est au moment même où la philosophie allemande atteignait son apogée que les démons du nationalisme ont commencé a agiter cette nation.....

Suite du texte au format PDF

Musique et philosophie, un tour par l'allemagne...
SABINE MINICONI   JUILLET 2006

Existe-t il une philosophie de la musique. On peut en douter, car si beaucoup de philosophes ont parlé de l'art et plus précisément de la musique, rares sont ceux qui ont véritablement touché au
But. Souvent , dans leurs écrits, la musique est moins analysée pour elle même que pour la place qu'elle est censée occuper dans le système du philosophe, qui a des préoccupations beaucoup plus large et qualitativement autres: l'Etre, l'Existence, le Bien, la Raison, l'Histoire…………..De sorte que les questions brûlantes pour tout véritable musicien: "Qu'est-ce que la musique? Que nous dit-elle? Quelle expérience spirituelle unique nous procure-t-elle ? Comment s'exprime-t-elle" y sont souvent perdues de vue, repoussées à l'arrière plan sous un fatras de considérations plus ou moins étrangères.                                                     
Nous allons vérifier ce fait en survolant dans les 2 premières parties un certain nombre de "grands systèmes" philosophiques où la musique est analysée ou mentionnée. Puis dans les 2 parties suivantes nous développerons la pensée de Schopenhauer et celle de Nietzsche qui ont particulièrement réussi à travailler sur la musique.   
Nous aurions pu continuer avec Husserl, Heidegger et surtout Adorno  mais il faut parfois s'arrêter pour faire un bon repas……

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Mythologie et christianisme: une nouvelle approche du concept de révélation.
Sabine Le Blanc Juillet 2006

Si Schelling s’inscrit dans le mouvement de la philosophie des Lumières, c’est bien injustement qu’il y a fait figure d’étoile filante aux yeux de son public. Parmi ses disciples, bientôt déçus par un programme philosophique resté inachevé – peut-on en imputer la faute au philosophe ? -, fusent les accusations de « délire bachique » (aux dires d’Hegel), ou encore d’irrationalisme moderne. Souvent incompris de son vivant, en particulier à la fin de sa vie où Schelling entreprend un ultime tournant dans sa pensée, l’auteur de la Philosophie de la mythologie, de la Philosophie de la révélation, était pourtant une expression authentique de l’âme allemande : partagé entre la ferveur de la mystique rhénane et la puissance spéculative, le philosophe allemand avait à cœur de redonner à l’Homme comme au philosophe une liberté spirituelle.


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Tag(s) : #accordphilo

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