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Qu'est-ce que la métaphysique?

Il ne nous échappe nullement que « métaphysique » – tout comme « abstrait » et même « penser » – est devenu un mot devant lequel chacun prend plus ou moins la fuite comme devant un pestiféré «  (Hegel).

 

« Quand le faux devient vrai, le vrai lui-même n ‘est plus qu’un mirage. Quand le néant devient réalité, la réalité à son tour bascule dans le néant. » (inscriptions qui figurent de part et d’autre de l’entrée du Royaume du rêve et de l’illusion immense d’après le Rêve du pavillon rouge).

 

 

Définition de la métaphysique

 

 

Etymologie : du latin scolastique metaphysica, dérivé du grec ancien méta ta phusika, après les choses de la nature, en référence aux ouvrages d'Aristote arrivant après ceux traitant de la physique.

 

La métaphysique est la partie de la philosophie qui traite des causes premières et des principes premiers, c'est-à-dire la connaissance par la raison de la nature des choses en tant qu'elles existent indépendamment de l'expérience sensible que nous en avons. C'est une démarche philosophique qui interroge d'abord l'existence des choses, des événements ou des êtres au-delà de leurs apparences matérielles pour essayer de les décrire et d'expliquer en quoi consiste leur existence.

Synonymes : ontologie, transcendance, philosophie première.

 

La métaphysique se décline de différentes manières selon les époques, les philosophes ou les courants de pensée.

 

Ainsi, par exemple, la métaphysique est :

 

pour Aristote, l'étude de l'être ou de l'essence des choses, indépendamment de leurs propriétés particulières. "Qu'est-ce qui fait qu'un être est ce qu'il est ?"

 

pour René Descartes, l'étude des êtres immatériels (Dieu, âmes, idées), constituant ainsi une "théologie naturelle".

 

pour Emmanuel Kant, la science du réel en lui-même, c'est-à-dire l'ensemble des connaissances générées par la raison seule sans le recours à l'expérience et aux phénomènes sensibles.

 

pour les marxistes, une "conception fausse des choses en tant qu'elle considère les choses comme indépendantes les unes des autres et comme statique" (Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines - Louis-Marie Morfaux - Editions Armand Colin, 1980)

 

pour les existentialistes, la recherche du sens, des finalités de l'existence, "l'étude des processus individuels qui ont donné naissance à ce monde-ci comme totalité concrète et singulière." (L'Etre et le Néant, 1943 - Jean-Paul Sartre)

 

Par extension, le terme métaphysique désigne toute réflexion méthodique visant à une connaissance de la nature profonde des choses.

 

Avec un sens péjoratif, la métaphysique est l'abus de réflexions abstraites, de spéculations intellectuelles oiseuses qui obscurcissent la pensée au lieu de résoudre des problèmes et qui n'ont aucun impact sur le réel.

 

La discipline qui considère les réalités entièrement séparées de la matière et la pure activité de l'intellect en acte et de l'intellect en puissance, celle qui est élevée à lui du fait de l'activité, tout cela ils l'appellent théologie, philosophie première et métaphysique, puisque cela se situe au-delà des réalités physiques. — (Simplicios, Commentaire sur la Physique d'Aristote, I, 21)

Instruit dans les sciences des anciens Chaldéens, il n'ignorait pas les principes physiques de la nature tels qu'on les connaissait alors, et savait de la métaphysique ce qu'on en a su dans tous les âges, c'est-à-dire fort peu de choses. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, I. Le borgne, 1748)

Toutes les billevesées de la métaphysique ne valent pas un argument ad hominem. — (Denis Diderot, Pensées philosophiques, Texte établi par J. Assézat, Garnier, 1875-77)

Toute la métaphysique d'Aristote est conditionnée par la nécessité d'échapper au monisme du Père des Métaphysiciens, de Parménide. — (Louis Rougier, Histoire d'une faillite philosophique: la Scolastique, 1925, éd.1966)

Le pessimisme est tout autre chose que les caricatures qu'on en présente le plus souvent : c'est une métaphysique des mœurs bien plutôt qu'une théorie du monde ; […], — (Georges Sorel, Lettre à Daniel Halévy, 15 juillet 1907, dans Réflexions sur la violence, 1908)

En réalité, ne peut être défini que ce qui est limité, et la métaphysique est au contraire, dans son essence même, absolument illimitée, ce qui, évidemment, ne nous permet pas d'en enfermer la notion dans une formule plus ou moins étroite ; [...], — (René Guénon, Introduction générale à l'étude des doctrines Hindoues, 1921)

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