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Universel.

universalis. de universus et -alis.

-alis; Suffixe adjectival marquant la relation, l’appartenance, la dépendance.

Universus; De unus et versus : « tourné en un ».

Unus; Du radical indo-européen commun *e  « ce, ceci, celui-ci, un » qui, pour le latin, donne is, id, ecce « ce » - suffixé en -nus.

L’indo-européen commun donne le grec ancien οἶος, oîos (« unique »), le protogermain *ains d’où eins en allemand et one en anglais.

Le sens propre du mot indo-européen est « celui-ci, ceci », et on le retrouve dans des expressions latines comme unus et idem : celui-ci et le même (un seul et même homme), d’où le sens de « seul » et enfin de « un ». D’où encore, l’usage de un en français comme pronom et la possibilité - grammaticalement et logiquement surprenante, au fond, si on considère que ce mot signifie « un seul » - d’utiliser le mot au pluriel.

Versus; pour le nom, déverbal de verto « tourner ». Le sens de « sillon » est assez évident (on « retourne » la terre) ; le sens de « ligne » dérive du précédent. Pour le sens de « poésie », comparez avec le français « tournure de phrase », ou l’expression « un vers bien tourné ». Pour versus en tant qu’unité de mesure, voyez verste pour un équivalent en russe, πλέθρον, en grec.

 

Singularité; Du latin singularitas « fait d’être unique ».

Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre (tiré du Liber de herbis de Monfredo de Monte Imperiali, xive siècle.

Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre (tiré du Liber de herbis de Monfredo de Monte Imperiali, xive siècle.

L’Isagogè  de Porphyre est célèbre pour avoir engagé le débat médiéval sur le statut des universaux. Porphyre y écrit en effet :

« Tout d'abord, en ce qui concerne les genres et les espèces, la question est de savoir si ce sont [I] des réalités subsistantes en elles-mêmes ou seulement [II] de simples conceptions de l'esprit, et, en admettant que ce soient des réalités substantielles, s'ils sont [Ia1] corporels ou [Ia2] incorporels, si, enfin, ils sont [Ib1] séparés ou [Ib2] ne subsistent que dans les choses sensibles et d'après elles. J'éviterai d'en parler. C'est là un problème très profond et qui exige une recherche toute différente et plus étendue. » (Isagogè, I, 9-12, trad. J. Tricot).

Bien qu'il ne mentionne plus le problème ensuite, sa formulation constitue la partie la plus influente de l'œuvre, puisque ce sont ces questions qui seront au fondement des débats médiévaux sur le statut des universaux, grâce à la traduction de Boèce. Les universaux existent-ils seulement dans l'esprit, ou aussi par eux-mêmes dans la réalité ? S'ils sont réels, sont-ils des entités physiques ou psychiques ? S'ils sont physiques, ont-ils une existence séparée des corps physiques, ou en font-ils partie ?

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