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« Man muss wollen können » « On doit vouloir pouvoir. »

« Man muss wollen können » « On doit vouloir pouvoir. »

 

On peut d'abord différencier dans le mot devoir d'une part le verbe et d'autre part le substantif, bien que la notion philosophique se rattache largement à ce dernier l'action telle qu'elle est éclairée par le verbe peut aussi renseigner sur son sens.

 

 

müssen

 

Étymologie, Du vieux haut allemand muozan.

        Avoir besoin de, réclamer, requérir.

        Devoir, être obligé.

    ▪    Leider müssen wir arbeiten. Malheureusement, nous devons travailler.

    ▪    Wer nicht hören will, muss fühlen.

        Verbe de modalité : devoir, dans le sens de « c’est quasiment sûr que ».

    ▪    Morgen muss er kommen. Demain, c’est quasiment sûr qu’il viendra.

 

Devoir en tant que verbe.

 

Du latin dēbēre, de même sens. 842, Serments de Strasbourg, dift, « il doit » ; deveir en ancien français, puis devoir.

 

Le devoir pris comme action peut d'abord marquer une nécessité, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une condition sans laquelle une chose ne pourrait advenir. On peut ainsi retrouver la relation de causalité à travers le sens du verbe "devoir", bien que la nécessité puisse être prise de façon absolue ou relative aux autres faits ou données ; à remarquer aussi qu'il n'est pas encore question ici de personnes physiques ou morales, rien à voir avec le droit. Pour illustrer on pourrait simplement reformuler l'adage "Il n'y a pas de fumée sans feu" par "Il doit y avoir du feu pour qu'il y ait de la fumée" : dans les deux cas "devoir" renvoie à un conditionnel logique (ce n'est pas un biconditionnel logique car l'adage ne renseignant pas sur la situation où il n'y a pas de fumée : y a-t-il du feu ?).

 

Une deuxième définition est aussi possible pour le verbe, celle-ci renvoyant davantage à une personne morale. Là où la première explicitait simplement une nécessité d'ordre naturel, logique, il est aussi possible de "devoir" par convenance envers quelqu'un. Dans ce cas "devoir" désigne non pas ce qui est nécessaire mais simplement qu'il "vaut mieux" que cela soit ou que cela ne soit pas. On retrouve ici évidemment le devoir moral, par exemple si on dit : "tu dois être poli", il est convenu que la politesse n'est pas nécessaire, qu'elle ne va pas de soi et qu'il est possible d'être malpoli ; c'est pourquoi on énonce un impératif afin de contraindre l'autre à le respecter car celui-là ne sera pas respecté naturellement. Cette définition du devoir renvoie immédiatement à une forme d'activité : seule l'action peut ainsi être contrainte car pour réellement devoir, ne faut-il pas pouvoir l'inverse ? Devoir s'oppose ainsi à l'être ou au ne doit pas être et renvoie à une opposition du type bien/mal, vrai/faux etc.

 

wollen

 

Étymologie; du moyen haut-allemand.

 

        Vouloir, désirer

    ▪    Du wolltest wie dein Bruder sein Tu voulais être comme ton frère

        Vouloir, dans le sens d'essayer

    ▪    Du willst mir doch etwas verkaufen Tu essayes de me vendre quelque chose

        Aller (futur proche)

    ▪    Ich will dir eine Geschichte erzählen Je vais te raconter une histoire

        (employé avec un participe II et l’auxiliaire "sein" ou "werden") Falloir, exprime une nécessité

    ▪    800 Euro Miete, das will gut überlegt werden 800 euros de loyer, il faut bien y réfléchir avant de se décider

Synonymes

    • beabsichtigen, anstreben, anzielen

    • wünschen

 

Vouloir en tant que verbe.

 

(Xe siècle) Du latin vulgaire *volere (relevé sous la forme du gérondif volendi ; de l’indicatif présent 2e pers. : si voles VIIIe siècle), réfection du latin classique volo d’après les formes du radical vol-.

 

können

 

Étymologie, du vieux haut allemand kunnan.

 

    1    Être capable de quelque chose, pouvoir.

▪    Er kann drei Minuten lang die Luft anhalten.

▪    „Ei, Großmutter, was hast du für große Ohren!“
„Daß ich dich besser hören
kann.“
„Ei, Großmutter, was hast du für große Augen!“
„Daß ich dich besser sehen
kann.“
„Ei, Großmutter, was hast du für große Hände!“
„Daß ich dich besser packen
kann.“
„Aber, Großmutter, was hast du für ein entsetzlich großes Maul!“
„Daß ich dich besser fressen
kann.“ — (Brüder Grimm, Rothkäppchen, 1812) « Eh ! Grand-mère comme tu as de grandes oreilles »

▪    « C’est pour mieux t’entendre »

▪    « Eh ! Grand-mère comme tu as de grands yeux »

▪    « C’est pour mieux te voir »

▪    « Eh ! Grand-mère comme tu as de grands bras »

▪    « C’est pour mieux t’embrasser »

▪    « Eh ! Grand-mère comme tu as une grande bouche »

▪    « C’est pour mieux te manger »

    2    Savoir, connaître.

    ▪    Sie kann das Gedicht auswendig.

    3    Avoir le droit.

    ▪    Ich kann aufbleiben solang ich will.

 

Pouvoir en tant que verbe.

 

Le latin posse est intrinsèquement un verbe composé potis sum (« je suis maître de »). De fait, à part l’infinitif posse (pour potis esse), le verbe est « presque » régulier sur la base *pot-sum → voir possum, potes, potest, possumus, potestis et possunt pour le présent, → voir potero, poteris, poterit, poterimus, poteritis et poterunt pour le futur, le participe présent potens étant régulier.

Sur cette base, les langues romanes ont régularisé l’infinitif posse en *pŏtēre, analogique des formes à radical pot- (potui, poteram, potens, etc.)

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