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Le 4 septembre 1870

La République est de retour.

 Plus de détails La foule devant le Corps législatif au matin du 4 septembre, Jacques Guiaud, 1870, musée Carnavalet, Paris

Plus de détails La foule devant le Corps législatif au matin du 4 septembre, Jacques Guiaud, 1870, musée Carnavalet, Paris

Lorsque la nouvelle de la capture de Napoléon III suite à la défaite de Sedan arrive à Paris, un certain désespoir s’abat sur les milieux gouvernementaux. Ainsi, dans la nuit du 3 au 4 septembre, le comte de Palikao convoque le Corps législatif. Mais les parlementaires sont dérangés au matin par des groupes d’ouvriers qui les interpellent au cri de « déchéance ! ». Divers attroupements se forment. Les leaders républicains Gambetta et Favre entraînent à leur suite la foule ainsi formée vers l’Hôtel de Ville, où la république est proclamée, en même temps qu’un gouvernement de la défense nationale, constitué de fait et non de droit. La ruine de l’ordre ancien est patente, et l’impératrice fait ses valises pour gagner au plus vite l’Angleterre. Logiquement, la fin de l’Empire se traduit par l’intronisation des opposants à Napoléon III, au premier rang desquels ceux qui seront les piliers de la « République des Jules », soit Grévy, Ferry et bien sûr Simon. S’y joignent aussi Adolphe Crémieux et Gambetta. L’urgence créant l’opportunité de s’emparer des affaires, c’est Jules Ferry qui lance cette idée d’un gouvernement formé de députés républicains parisiens. Cette option a le mérite d’avoir l’assentiment d’une population parisienne fort remuante, que ces démocrates ont d’emblée le souci de canaliser. Le général Trochu, gouverneur militaire de la capitale de tendance conservatrice, se voit aussitôt confier la présidence du gouvernement provisoire, dont il a soin d’exclure les tenants d’idées trop avancées.

Le 31 Juillet...

Ce jour là...

Vendredi 31 juillet 1914, 21 h 40 : l’assassinat.

En fin de journée, Jean Jaurès se rend au siège de son journal pour préparer un article de mobilisation antiguerre pour l’édition du 1er août. Auparavant, il sort dîner au café du Croissant, rue Montmartre, avec ses collaborateurs du journal dont Pierre Renaudel, Jean Longuet, Philippe Landrieu, Ernest Poisson. Il est assis dos à la fenêtre ouverte, séparé de la rue par un simple brise-bise. Observant depuis la rue la salle du café où il avait repéré que Jaurès dînait habituellement, caché par le rideau, l’assassin tire deux coups : la première balle pénètre dans la région pariétale de la tête, la seconde va se perdre dans une boiserie entourant une glace. Jaurès est pratiquement tué sur le coup d'une hémorragie cérébrale. Dans la confusion, Madame Poisson, épouse du collaborateur de L'Humanité Ernest Poisson, hurle : « Jaurès est tué ! ». Ultérieurement on lui prête l'exclamation « Ils ont tué Jaurès ! » repris dans le monde ouvrier qui déplore « Ils ont tué Jaurès. C'est la guerre ». C'est cette version apocryphe accusant les nationalistes qui a survécu.

Le 29 Juin...

Ce jour là...

LA PRISE D'ALGER

 

Les débuts de la conquête de l’Algérie 

 

Depuis longtemps la France, comme les autres puissances européennes, avait eu à souffrir du gouvernement de la Régence d’Alger, et notamment des actes de piraterie de ses marins. La crise couvait donc, et, des différends commerciaux ayant encore envenimé une situation déjà tendue, un incident diplomatique – le dey ayant souffleté le consul de France en audience publique, puis refusé de s’excuser – provoqua un conflit ouvert. Un corps expéditionnaire français fut envoyé en Afrique du Nord et s’empara d’Alger au début de juillet 1830.

Le 25 Juin...

Ce jour là...

Le 24 juin 1894, à l'occasion de l'Exposition universelle, internationale et coloniale qui se déroule au parc de la Tête d'Or à Lyon, Sadi Carnot, président de la République française depuis le 3 décembre 1887 participe à un banquet organisé en son honneur par la Chambre de commerce au palais de la Bourse, place des Cordeliers. Lors de son discours, il semble indiquer qu'il ne sera pas candidat à un second mandat lors de l'élection présidentielle prévue à la fin de l'année. Le président doit ensuite assister à une représentation d'Andromaque par la Comédie-Française, au Grand-Théâtre. L'itinéraire prévoit un passage par la rue Sainte-Bonaventure (devenue rue Sadi-Carnot depuis), puis par la rue de la République jusqu'à la place des Terreaux. Vers 21 h, le cortège présidentiel escorté par des cavaliers, quitte le banquet par une issue secondaire pour éviter la foule. Le président Sadi Carnot est assis sur la banquette arrière du côté droit du landeau avec le général de brigade Léon Borius, ancien chef de la Maison militaire du président de la République assis à sa gauche, le général Nicolas Joseph Voisin, gouverneur militaire de Lyon en face de lui et enfin le docteur Antoine Gailleton, maire de Lyon à la droite de ce dernier.

Vers 21 heures 15, au moment où la voiture présidentielle, décapotée, s'engage rue de la République, l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio monte sur le marche-pieds et blesse mortellement d'un coup de poignard le président, en le frappant au foie à l'aide d'un couteau au manche rouge et noir (les couleurs qui symbolisent l'anarchie). Le président s'effondre en arrière en prononçant « Je suis blessé ». Après cet acte, l'assassin n'essaie pas de fuir, mais court autour de la voiture du moribond en criant « Vive la Révolution » puis « Vive l'anarchie » avant d'être immobilisé et arrêté. Le député Gaston Doumergue, futur président de la République, est témoin de la scène.

 

Immédiatement après les faits, le cortège fait demi-tour et fonce vers l'hôtel de préfecture du Rhône. La plaie est examinée par de nombreux médecins et bien qu'une opération soit envisagée, le président de la République meurt des suites d'une importante hémorragie, peu après minuit (décès constaté à 0 h 40), le 25 juin 1894, dans les locaux de la préfecture du Rhône. L'autopsie révèle une section de la veine porte.

Des funérailles nationales sont organisées en hommages au président défunt. Sadi Carnot est inhumé au Panthéon le 1er juillet 1894 à côté de son grand-père Lazare Carnot.

 

Caserio est jugé en cour d'assises les 2 et 3 août suivants. Devant le tribunal qui le condamne à mort, il dit entre autres :

« Eh bien, si les gouvernements emploient contre nous les fusils, les chaînes, les prisons, est-ce que nous devons, nous 

Sante Geronimo Caserio en 1894

Sante Geronimo Caserio en 1894

les anarchistes, qui défendons notre vie, rester enfermés chez nous ? Non. Au contraire, nous répondons aux gouvernements avec la dynamite, la bombe, le stylet, le poignard. En un mot, nous devons faire notre possible pour détruire la bourgeoisie et les gouvernements. Vous qui êtes les représentants de la société bourgeoise, si vous voulez ma tête, prenez-la. »

Au procès, en effet, il ne tenta jamais de renier son geste :

« Il n'y a rien de changé en moi, et je referais encore s'il était à refaire l'acte pour lequel je vais être jugé. »

Il ne demande pas non plus la pitié du jury. La possibilité lui est offerte de plaider la maladie mentale mais en paiement il aurait dû livrer les noms de quelques complices, il refuse donc (« Caserio est boulanger, pas espion »).

À l'issue du procès, il est condamné à la peine capitale, et guillotiné le 16 août 1894 à la prison Saint-Paul de Lyon. En cellule, pendant qu'il attendait l'exécution, on lui envoie le curé de Motta Visconti pour le confesser, mais il refuse de l'entendre et le chasse. Sur l'échafaud, finalement, un instant avant de mourir, il lance à la foule : « Courage, les amis ! Vive l'anarchie ! ».

L'assassinat qu'il commet entraîne le vote par l'Assemblée de la troisième des lois dites « scélérates » dont le but était de compléter l'arsenal répressif contre les menées anarchistes. Cette loi n'est abrogée qu'en 1992.

Le 23 Juin...

MIRABEAU DEVANT DREUX-BRÉZÉ (23 JUIN 1789).   Eugène DELACROIX (1798 - 1863)

MIRABEAU DEVANT DREUX-BRÉZÉ (23 JUIN 1789). Eugène DELACROIX (1798 - 1863)

L'AVÈNEMENT DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE

Le 17 juin 1789, six semaines après l’ouverture des états généraux, le tiers état, rejoint par une partie du clergé, se proclame Assemblée nationale. Présidée par Bailly, la nouvelle instance s’engage par le Serment du jeu de paume à ne pas se séparer avant d’avoir rédigé la Constitution du royaume. Le 23 juin, Louis XVI commande aux divers ordres de continuer à siéger séparément, mais le tiers état refuse de quitter la salle des Menus Plaisirs. Lorsque le marquis de Dreux-Brézé, maître des cérémonies déclare : « Vous avez entendu messieurs, l’ordre du roi », Bailly lui répond : « Il me semble que la nation assemblée ne peut recevoir d’ordres. » Mirabeau, député du tiers état, lance alors sa célèbre apostrophe : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » Le 27 juin, le roi cède en demandant au clergé et à la noblesse de rejoindre le tiers état. Le 9 juillet l’Assemblée nationale devient constituante.

Barricades rue Saint-Maur. Avant l'attaque, 25 juin 1848. Après l’attaque, 26 juin 1848. Technique et autres indications : Daguerréotypes Avant l'attaque : 11,2 x 14,5 Après l'attaque : 12,2 x 14,5 cm Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris)

Barricades rue Saint-Maur. Avant l'attaque, 25 juin 1848. Après l’attaque, 26 juin 1848. Technique et autres indications : Daguerréotypes Avant l'attaque : 11,2 x 14,5 Après l'attaque : 12,2 x 14,5 cm Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris)

Á Naples, le 23 juin 1668 naquit Giambattista Vico.

 

Le 23 juin 1848, Friedrich Engels, dans la Nouvelle Gazette Rhénane publiait cet article ou le prolétariat apparait dans l’histoire en tant que force indépendante.

Nous trouvons toujours à ajouter une foule de faits isolés sur la lutte du 23. Les matériaux que nous avons devant nous sont inépuisables; mais le temps ne nous permet de donner que ce qu'il y a de plus essentiel et de caractéristique.

La révolution de Juin offre le spectacle d'une lutte acharnée comme Paris, comme le monde n'en ont pas encore vu de pareille. De toutes les révolutions antérieures, ce sont les journées de Mars à Milan qui témoignent de la lutte la plus chaude. Une population presque désarmée de 170 000 âmes battit une armée de 20 à 30 000 hommes. Mais les journées de Mars de Milan sont un jeu d'enfant à côté des journées de Juin à Paris.

Ce qui distingue la révolution de Juin de toutes les révolutions précédentes, c'est l'absence de toute illusion, de tout enthousiasme.

Le peuple n'est point comme en Février sur les barricades chantant Mourir pour la patrie - les ouvriers du 23 juin luttent pour leur existence, la patrie a perdu pour eux toute signification. La Marseillaise et tous les souvenirs de la grande Révolution ont disparu. Peuple et bourgeois pressentent que la révolution dans laquelle ils entrent est plus grande que 1789 et 1793.

La révolution de Juin est la révolution du désespoir et c'est avec la colère muette, avec le sang-froid sinistre du désespoir qu'on combat pour elle; les ouvriers savent qu'ils mènent une lutte à la vie et à la mort, et devant la gravité terrible de cette lutte le vif esprit français lui-même se tait.

L'histoire ne nous offre que deux moments ayant quelque ressemblance avec la lutte qui continue probablement encore en ce moment à Paris : la guerre des esclaves de Rome et l'insurrection lyonnaise de 1834. L'ancienne devise lyonnaise, elle aussi : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant », a de nouveau surgi, soudain, au bout de quatorze ans, inscrite sur les drapeaux.

La révolution de Juin est la première qui divise vraiment la société tout entière en deux grands camps ennemis qui sont représentés par le Paris de l'est et le Paris de l'ouest. L'unanimité de la révolution de Février a disparu, cette unanimité poétique, pleine d'illusions éblouissantes, pleine de beaux mensonges et qui fut représentée si dignement par le traître aux belles phrases, Lamartine. Aujourd'hui, la gravité implacable de la réalité met en pièces toutes les promesses séduisantes du 25 février. Les combattants de Février luttent aujourd'hui eux-mêmes les uns contre les autres, et, ce qu'on n'a encore jamais vu, il n'y a plus d'indifférence, tout homme en état de porter les armes participe vraiment à la lutte sur la barricade ou devant la barricade.

Les armées qui s'affrontent dans les rues de Paris sont aussi fortes que les armées qui livrèrent la « bataille des nations » de Leipzig. Cela seul prouve l'énorme importance de la révolution de Juin.

Mais, passons à la description de la lutte elle-même.

D'après nos nouvelles d'hier, force nous était de croire que les barricades avaient été disposées d'une façon assez incohérente. Les informations détaillées d'aujourd'hui font ressortir le contraire. Jamais encore les ouvrages de défense des ouvriers n'ont été exécutés avec un tel sang-froid, avec une telle méthode.

La ville était divisée en deux camps. La ligne de partage partait de l'extrémité nord-est de la ville, de Montmartre, pour descendre jusqu'à la porte Saint-Denis, de là, descendait la rue Saint-Denis, traversait l'île de la Cité et longeait la rue Saint-Jacques, jusqu'à la barrière. Ce qui était à l'est était occupé et fortifié par les ouvriers; c'est de la partie ouest qu'attaquait la bourgeoisie et qu'elle recevait ses renforts.

De bonne heure, le matin, le peuple commença en silence à élever ses barricades. Elles étaient plus hautes et plus solides que jamais. Sur la barricade à l'entrée du faubourg Saint-Antoine, flottait un immense drapeau rouge.

Le boulevard Saint-Denis était très fortement retranché. Les barricades du boulevard, de la rue de Cléry et les maisons avoisinantes, transformées en véritables forteresses, constituaient un système de défense complet. C'est là, comme nous le relations hier déjà, que commença le premier combat important. Le peuple se battit avec un mépris indicible de la mort. Sur la barricade de la rue de Cléry, un fort détachement de gardes nationaux fit une attaque de flanc. La plupart des défenseurs de la barricade se retirèrent. Seuls sept hommes et deux femmes, deux jeunes et belles grisettes, restèrent à leur poste. Un des sept monte sur la barricade, le drapeau à la main. Les autres commencent le feu. La garde nationale riposte, le porte-drapeau tombe. Alors une des grisettes, une grande et belle jeune fille, vêtue avec goût, les bras nus, saisit le drapeau, franchit la barricade et marche sur la garde nationale. Le feu continue et les bourgeois de la garde nationale abattent la jeune fille comme elle arrivait près de leurs baïonnettes. Aussitôt, l'autre grisette bondit en avant, saisit le drapeau, soulève la tête de sa compagne, et, la trouvant morte, jette, furieuse, des pierres sur la garde nationale. Elle aussi tombe sous les balles des bourgeois. Le feu devient de plus en plus vif. On tire des fenêtres, de la barricade; les rangs de la garde nationale s'éclaircissent; finalement, des secours arrivent et la barricade est prise d'assaut. Des sept défenseurs de la barricade, un seul encore était vivant; il fut désarmé et fait prisonnier. Ce furent les lions et les loups de Bourse de la 2° légion qui exécutèrent ce haut fait contre sept ouvriers et deux grisettes.

La jonction des deux corps et la prise de la barricade sont suivies d'un moment de silence anxieux. Mais il est bientôt interrompu. La courageuse garde nationale ouvre un feu de peloton bien nourri sur la foule des gens désarmés et paisibles qui occupent une partie du boulevard. Ils se dispersent épouvantés. Mais les barricades ne furent pas prises. C'est seulement lorsque Cavaignac arriva lui-même avec la ligne et la cavalerie, après un long combat et vers 3 heures seulement, que le boulevard fut pris jusqu'à la porte Saint-Martin.

Dans le faubourg Poissonnière, plusieurs barricades étaient dressées et, notamment, au coin de la rue Lafayette où plusieurs maisons servaient également de forteresse aux insurgés. Un officier de la garde nationale les commandait. Le 7° régiment d'infanterie légère, la garde mobile et la garde nationale avancèrent contre eux. Le combat dura une demi-heure; finalement, les troupes eurent la victoire mais seulement après avoir perdu près de 100 morts et blessés. Ce combat eut lieu après 3 heures de l'après-midi.

Devant le palais de justice, des barricades furent édifiées également dans la rue de Constantine et les rues avoisinantes, ainsi que sur le pont Saint-Michel où flottait le drapeau rouge. Après un combat plus long, ces barricades furent aussi prises.

Le dictateur Cavaignac posta son artillerie près du pont Notre-Dame. De là, il canonna les rues Planche-Mybray et de la Cité, et il put facilement la faire ranger en batterie contre les barricades de la rue Saint-Jacques.

Cette dernière rue était coupée par de nombreuses barricades et les maisons transformées en vraies forteresses. L'artillerie seule pouvait intervenir là, et Cavaignac n'hésita pas un instant à l'employer. Tout l'après-midi, retentit le grondement des canons. La mitraille balayait la rue. Le soir, à 7 heures, il ne restait plus qu'une barricade à prendre. Le nombre des morts était très grand.

Aux abords du pont Saint-Michel et dans la rue Saint-André-des-Arts, on tira également à coups de canon. Tout à l'extrémité nord-est de la ville, rue de Château-Landon, où un détachement de troupes se risqua, une barricade fut également démolie à coups de canon.

L'après-midi, le combat devint de plus en plus vif dans le faubourg nord-est. Les habitants des faubourgs de la Villette, de Pantin, etc., vinrent en aide aux insurgés. Toujours, on recommence à élever les barricades et en très grand nombre.

Dans la Cité, une compagnie de la garde républicaine s'était glissée entre deux barricades sous prétexte de fraterniser avec les insurgés et avait ensuite tiré. Le peuple furieux se précipita sur les traîtres et les abattit homme par homme. C'est à peine si 20 d'entre eux eurent le loisir de s'échapper.

La violence de la lutte grandissait sur tous les points. Tant qu'il fit clair, on tira à coups de canon; plus tard, on se borna à la fusillade qui se poursuivit bien avant dans la nuit. A 11 heures, encore, la générale retentissait dans tout Paris, et, à minuit, on échangeait encore des coups de fusil dans la direction de la Bastille. La place de la Bastille était entièrement au pouvoir des insurgés ainsi que tous ses accès. Le faubourg Saint-Antoine, le centre de leur puissance, était fortement retranché. Sur le boulevard, de la rue Montmartre jusqu'à la rue du Temple, il y avait en masse serrée de la cavalerie, de l'infanterie, de la garde nationale et de la garde mobile.

A 11 heures du soir, on comptait déjà plus de 1000 morts et blessés.

Telle fut la première journée de la révolution de Juin, journée sans précédent dans les annales révolutionnaires de Paris. Les ouvriers parisiens combattirent tout à fait seuls contre la bourgeoisie armée, contre la garde mobile, la garde républicaine réorganisée et contre les troupes de ligne de toutes armes. Ils ont soutenu la lutte avec une bravoure sans exemple, qui n'a de pareille que la brutalité, également sans exemple, de leurs adversaires. On se prend d'indulgence pour un Hüser, un Radetzky, un Windischgraetz [1], lorsqu'on voit comment la bourgeoisie de Paris s'adonne, avec un véritable enthousiasme, aux tueries arrangées par Cavaignac.

Dans la nuit du 23 au 24, la Société des droits de l'homme, qui avait été reconstituée le 11 juin, décida d'utiliser l'insurrection au profit du Drapeau rouge et, par conséquent, d'y participer. Elle a donc tenu une réunion, décidé les mesures nécessaires et nommé deux comités permanents.

La barricade de rue de la Mortellerie, juin 1848, h/toile, 29 x 22 cm, Louvre, Paris

La barricade de rue de la Mortellerie, juin 1848, h/toile, 29 x 22 cm, Louvre, Paris

HITLER VISITE PARIS AU PETIT MATIN.   Heinrich HOFFMANN (1885 - 1957)

HITLER VISITE PARIS AU PETIT MATIN. Heinrich HOFFMANN (1885 - 1957)

La « Blitz Besuch » (visite éclair)

 

L’armistice franco-allemand est signé le 22 juin 1940. La moitié nord et la côte atlantique du territoire français deviennent la « zone occupée », où l’Allemagne exerce désormais « les droits de la puissance occupante ».

 

C’est donc en territoire conquis qu’Hitler évolue quand il se rend à Paris au petit matin du 23 ou du 28 juin 1940 (la date reste aujourd’hui discutée) pour une visite éclair (« Blitz Besuch ») qui commence à 6 h et s’achève dès 8 h 15. Accompagné du sculpteur Breker, de l’architecte Speer et d’officiers de la Wehrmacht, le Führer se rend dans plusieurs lieux emblématiques de la capitale déserte comme l’Opéra, la Concorde, l’Arc de triomphe, les Invalides, le Panthéon, Notre-Dame, le Louvre, mais aussi le Trocadéro, où il pose devant la tour Eiffel, comme le montrent les deux photographies étudiées ici.

 

Pris lors du tournage du film hebdomadaire d’actualités Die Deutsche Wochenschau, ces deux clichés sont l’œuvre de Heinrich Hoffmann (1885-1957), photographe du parti nazi depuis ses origines et alors iconographe attitré d’Hitler. Réalisées par la propagande nazie, les images mondialement diffusées véhiculent de nombreuses significations à la portée symbolique, politique et historique.a

Le 21 Juin...

Ce jour là...

La bataille de Vitoria fut livrée le 21 juin 1813, entre les troupes françaises qui escortaient Joseph Bonaparte dans sa fuite et un conglomérat de troupes britanniques, espagnoles et portugaises sous le commandement de Arthur Wellesley, futur duc de Wellington. La victoire des alliés sanctionna la retraite définitive des troupes françaises d'Espagne mais à l'exception de la Catalogne et obligea Napoléon à rendre la couronne à Ferdinand VII, mettant fin ainsi à la Guerre d'indépendance espagnole.

Le 20 Juin...

Ce jour là...

Il y a 227 ans au jeu de Paume, à Versailles, 578 députés prennent un engagement d’union, le serment du jeu de paume. (dans les faits, ils ne sont que 300 présents). Ce serment préfigure la souveraineté nationale et la séparation des pouvoirs, les trois ordres s’unissent en une assemblée nationale constituante, qui conduira à l’abolition de la féodalité puis à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

 

Cet événement fondateur de la Révolution française constitue une étape symbolique dans la destruction de l’absolutisme.

 

L’ouverture des états généraux a suscité une querelle de procédure : le tiers état souhaitait la réunion des trois ordres ainsi que le vote par tête, le vote par ordre donnant nécessairement la majorité au clergé et à la noblesse. Face au refus du roi, le tiers état se proclama Assemblée nationale et appela les deux autres ordres à le rejoindre. Louis XVI fit fermer la salle de réunion des députés. Ces derniers se portèrent alors dans la salle du Jeu de paume. Le 20 juin 1789, ils prêtèrent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.

Ce jour là...

La scène prend place dans la salle du Jeu de paume dont David dessina l’architecture in situ. Dans la composition d’ensemble connue par le grand et magnifique dessin de Versailles exposé au Salon de 1791, les députés sont regroupés au-delà d’une ligne fictive comme sur la scène d’un théâtre, laissant ainsi au public l’illusion d’appartenir à l’autre moitié (invisible) des spectateurs de la scène. Cette théâtralité est encore relevée par la gestuelle des députés prêtant serment.

 

Sur la toile inachevée, la nudité suggérée sous les vêtements concourt encore à l’idéalisation de la scène à laquelle David n’assista pas, mais qu’il souhaita hisser au rang d’acte universel. Tous les regards convergent vers Bailly, maire de Paris, ébauché sur la toile au crayon blanc, comme l’ensemble des figures encore nues. C’est Bailly, doyen du tiers état, qui répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : « Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres. » Sur ces dessins à l’anatomie parfaite, héroïque sont esquissés les habits à la peinture grise, puis les corps sont à nouveau, toujours nus, remodelés à la peinture grise ombrée de bistre.

Ce jour là...

Le grand fragment de la toile inachevée de David présente quatre portraits presque finis : Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés, on distingue Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Étienne, le docteur Guillotin et Treilhard. Quant au grand dessin d’ensemble, même si plusieurs personnages, dont Bailly, y sont déjà reconnaissables, le livret du Salon de 1791 précisait curieusement que « l’Auteur n’a pas eu l’intention de donner la ressemblance aux membres de l’Assemblée ». David n’en avait pas moins commencé à peindre quelques têtes.

 

David souhaite ici fonder une nouvelle peinture à l’image de la nouvelle France révolutionnaire : toile symbole s’il en est, Le Serment du Jeu de paume aurait dû rivaliser avec L’École d’Athènes d’un Raphaël tant par l’ampleur de la composition que par le souffle qui l’anime, par son théâtral dépouillement, sa pureté inspirée de l’antique, que par l’ordre et la clarté qui président à la distribution des personnages et à la rigueur de l’action. La notion même de serment, symbole de l’engagement de la nation dans son unité indestructible, sera au cœur de tous les grands engagements de la Révolution.

Le Serment du Jeu de Paume, 20 juin 1789, Louis-Charles-Auguste Couder (1790–1873), 1848, Musée de l’Histoire de France (Versailles).

Le Serment du Jeu de Paume, 20 juin 1789, Louis-Charles-Auguste Couder (1790–1873), 1848, Musée de l’Histoire de France (Versailles).

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