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Rien qui ne ressemble à cette citation chez Héraclite d’Éphèse, voir les fragments (ci-dessous). 

 

Le fragment d’Héraclite le plus proche de la sentence proposée est le fragment 34.

 

ἀξύνετοι ἀκούσαντες κω­φοῖσιν ἐοίκασι· φάτις αὐτοῖσιν μαρτυρεῖ παρ­εόντας ἀπεῖναι.

 

Les inintelligents (ἀξύνετοι) qui écoutent (ἀκούσαντες) ressemblent (ἐοίκασι) à des sourds (κω­φοῖσιν) ; le proverbe (φάτις) témoigne (μαρτυρεῖ) que, tout (αὐτοῖσιν) présents (παρ­εόντας) qu’ils soient, ils sont absents (ἀπεῖναι). (traduction, Tannery)

 

Les fous, quand ils entendent, sont comme des sourds ; c’est d’eux que le proverbe témoigne qu’ils sont absents quand ils sont présents. (Burnet, traduit par Reymond)

 

En revanche, cet adage est cité page 164 du dictionnaire des proverbes français de Pierre Antoine Leboux de la Méssangère, dans sa troisième édition de 1823. Il est présenté comme étant un proverbe turc. 

On retrouve exactement le même aphorisme page 126 des « Elémens de la grammaire turke » de Pierre A Jaubert publié en 1823. Ou encore dans l’ouvrage de Jean-Adolphe Decourdemnche, « Mille et un proverbes turcs » publié par Leroux en 1878.

On retrouve un propos similaire dans le verset 26 de la première épître de Jacques : 

Εἴ τις δοκεῖ θρῆσκος εἶναι ἐν ὑμῖν, μὴ χαλιναγωγῶν γλῶσσαν αὐτοῦ, ἀλλὰ ἀπατῶν καρδίαν αὐτοῦ, τούτου μάταιος θρησκεία.

 

Mais l’origine de cette citation provient sans doute du texte biblique hébraïque. En effet dans le livre des proverbes on peut lire chapitre 17, verset 28 :

גַּם אֱוִיל מַחֲרִישׁ חָכָם יֵחָשֵׁב אֹטֵם שְׂפָתָיו נָבוֹן

traduit par les septantes :

ἀνοήτῳ ἐπερωτήσαντι σοφίαν σοφία λογισθήσεται ἐνεὸν δέ τις ἑαυτὸν ποιήσας δόξει φρόνιμος εἶναι

et par Jérome

stultus quoque si tacuerit sapiens putabitur et si conpresserit labia sua intellegens

 

Puis les traductions françaises de Louis Segond :

L’insensé même, quand il se tait, passe pour sage; celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent.

 

de Samuel Cahen :

Même l’insensé, lorsqu’il se tait, passe pour sage, et celui qui ferme ses lèvres est intelligent. 

 

La plus proche est la traduction de John Darby :

Même le fou qui se tait est réputé sage, celui qui ferme ses lèvres, un homme intelligent.

 

« Qui interroge la sagesse » ce verset de la septante est souvent commenté, notamment par Cassien. Dans sa quatrième conférence au paragraphe 9; de la chair et de l’esprit en particulier.

« c‘est un point capital  dans la science de savoir ce que l’on ignore ».

Icône représentant Jean Cassien, père du désert

Icône représentant Jean Cassien, père du désert

Cœur et ses vaisseaux sanguins, par Léonard de Vinci, xve siècle.

Cœur et ses vaisseaux sanguins, par Léonard de Vinci, xve siècle.

Cœur nous vient du latin cor, (« cœur, estomac »), de l’indo-européen commun *ḱḗr « entrailles ». Apparenté à l’anglais heart ou l’allemand Herz, au grec ancien καρδία, (kardía) cœur, qui a donné de nombreux dérivés en  (cardio- ).

Étymologiquement parlant, on fait donc référence à une très ancienne origine du mot quand on dit que l’on a « mal au cœur » et que l’on désigne par là un ventre récalcitrant ou un estomac écœuré.

De l’indo-européen commun *k̂ered- (cœur) dont dérivent le sanscrit हृदय, hṛdaya, le grec ancien καρδία, kardia (cœur), le slavon срьдьцє, srĭdĭce.

Tandis que chez les peuples modernes le cœur est regardé comme le siège des affections et des sentiments, il passait chez les Anciens surtout pour celui de l’intelligence. De là cordatus (« sage »), ve-cors (« insensé »), recordor (se souvenir), mais il faut néanmoins noter que la médecine était moins développée chez les anciens. Il est donc probable que le « cœur d’une chose » désignait l’« intérieur d’une chose », en général, plutôt que l’organe moteur du système sanguin, en particulier.

 

La langue égyptienne dispose de deux mots pour désigner le « Cœur » ; l'un est le ib, l'autre le haty. Au cours de l'évolution de la langue, le second a évincé le premier. Ce fait a longtemps conduit les égyptologues à prendre ces deux mots pour de stricts synonymes, l'un étant la désignation ancienne et l'autre, la récente d'un même organe. Dans l'écriture, les deux mots sont représentés par le signe hiéroglyphique d'un cœur de brebis, vu en coupe, avec les points d'attache des veines et des artères. Depuis 1995 et les travaux du médecin et égyptologue français Thierry Bardinet sur les papyrus médicaux de l'Égypte pharaonique, il apparaît toutefois qu'il est nécessaire de faire une distinction entre les deux termes. Le haty est le cœur proprement dit, tandis que le ib est l'ensemble des autres organes situés dans le thorax et le ventre (la cavité-shet des textes égyptiens). 

Selon les conceptions médicales du Traité du cœur transcrit sur le Papyrus Ebers et daté de la XVIIIe dynastie, le cœur-haty et l'intérieur-ib entretiennent d'étroites relations et toute atteinte sur l'un a des répercussions sur l'autre. 

Le cœur est le foyer de la vie. La défaillance cardiaque est l'image même de la cessation de la vie. En tant que dieu mort, Osiris est Ouredj-ib « Celui au cœur immobile ». Symboliquement, la restitution du cœur-ib est assignée aux divinités féminines que sont Nout, la déesse céleste et les sœurs Isis et Nephtys. Dans le Livre des Morts, plusieurs formules ont pour but de garantir au défunt le retour de son cœur (chapitres 26-29).

« Tu entres dans la maison des cœurs-ib et dans la place remplie de cœurs-haty, tu prends le tien et le mets à sa place. Ta main n'est pas détournée, ton pied n'est pas dévié de sa marche, tu ne vas pas la tête en bas, tu marches debout. »

— Livre des Morts, extrait du chap. 151. Traduction de Jan Assmann.

Les anciens Égyptiens n'ont pas perçu le cerveau comme le siège de la pensée, de l'intelligence et des émotions mais ont attribué ce rôle au cœur. Cette manière d'appréhender l'intellect est toujours d'actualité dans certaines ethnies de l'Afrique subsaharienne tels les Dogon, les Tallensi ou les Songhay-Zarma. De nombreuses expressions égyptiennes lient le cœur-ib aux émotions ; « atteindre le cœur » (gagner la confiance), « grand cœur » (être arrogant), « laver le cœur » (céder à la colère), « soulager son cœur » (accabler autrui), « avaler le cœur » (perdre conscience), « suivre le cœur » (respecter la Maât), « saisir son cœur contre quelqu'un » (être agressif), etc. 

« L'Ennéade (de Ptah) a créé la vue, grâce aux yeux, l'audition par les oreilles, la respiration par le nez ; ceux-ci élèvent (ensuite les sensations reçues) jusqu'au cœur, et c'est le cœur alors qui permet que toute connaissance se manifeste, et c'est la langue qui répète ce que le cœur a conçu. »

Pierre de Shabaka.

Les traités d'anatomie de l’époque gréco-romaine considéraient le cœur comme le siège des émotions, des passions, de la volonté, du courage, de la pensée, de l'intelligence et de la mémoire (d'où l'expression « Apprendre par cœur »).

Aristote lui a attribué ce rôle, tandis que Galien situait plutôt ces fonctions dans le cerveau.

Le Moyen Âge a longtemps hésité entre ces deux conceptions. Turisanus a nié au cœur le statut de faculté issue d’une puissance de l’âme.

Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle que le cœur commence à être détrôné définitivement de sa fonction de siège des sensations, avec les travaux de François Joseph Gall, puis de François Broussais sur le cerveau.

 

Jan Matejko: Stanczyk - le fou du Roi

Jan Matejko: Stanczyk - le fou du Roi

Adjectif et Nom fou en ancien français fol, vient du bas latin follus de même sens qui donne aussi folle en italien, fool en anglais ; du latin follere, s’agiter comme un soufflet, aller çà et là, dénominal de follis, soufflet, voir follet et feu follet, volage, vagabond, capricieux, étourdi, dont fol est au départ le strict synonyme.

Le Trésor de la langue française informatisé, le fait issu directement du latin follis, soufflet, ballon avec le sens de baudruche, esprit vide; ils pourraient avoir raison mais cela n’explique pas aussi bien le feu follet .

Comme nom, par l’intermédiaire de l’espagnol alfil, avec dépréfixation, ou directement de l’arabe فيل, fīl,  éléphant, la pièce du jeu d’échecs ayant été à l'origine représentée par un éléphant. Le nom de l’oiseau vient peut-être d'une comparaison de la position des pièces du jeu d'échec avec celle du bouffon, du fou de cour auprès du roi : il se laisse trop approcher par les hommes.

Alfil donne l'ancien français alfin, aufin, alphin.

Fou se traduit en Allemand : wahnsinnig, verrückt, töricht, irre, en Anglais : crazy, insane, mad, nuts, barmy, en Espagnol : loco, alienado, en Grec ancien: ἁμαρτίνοος, en Italien: demente, pazzo, matto

et en Latin: amens, demens, astrosus, cerebrosus.

La folie fait partie de l’histoire de l’humanité. Elle s’y inscrit comme une expérience fondamentale de l’être humain.

Dans les sociétés primitives, on utilisait déjà des méthodes pour soigner les esprits. Sans avoir la définition de maladie, la folie, comme toute souffrance physique ou psychique, supposait une cause extérieure.

Dans les sociétés les plus organisées de l’Antiquité, héritières de traditions ancestrales, l’art médical reste avant tout une affaire de religion. Les médecins sont des prêtres qui ont su conserver toute la puissance du sorcier et qui, bien souvent, ont encore recours à des pratiques magico-religieuses pour chasser les démons responsables ou pour invoquer les Dieux guérisseurs.

C’est en Grèce, avec Hippocrate, que l’on assiste au véritable partage de la médecine et de la magie. Le cerveau est reconnu comme organe de la pensée et les troubles mentaux sont définis sans faire appel à des explications surnaturelles.

La folie, qui tente de s’échapper du domaine de la magie, est alors considérée comme une maladie de l’âme, ce qui fait qu’elle devient tributaire aussi bien de la médecine que de la philosophie.

La médecine s’exerce comme un art. Elle a ses lieux et ses praticiens. Des médecins laïques s’occupent des maux physiques. Mais la maladie mentale reste la préoccupation des prêtres médecins qui, par des méthodes incantatoires ou divinatoires, parviennent à chasser les démons responsables ou à calmer les colères et les vengeances divines.

Toute pathologie est considérée comme une souillure, une impureté. Et la folie plus particulièrement, puisqu’elle représente une conséquence du péché, et impose une purification, une reconnaissance de la faute. L’incantation, la suggestion, l’interprétation des rêves, pratiquées dans les temples, ont effectivement des vertus curatives.

Chez les hébreux, ce peuple est monothéiste. La vie est basée sur le respect de la Loi. Si la santé est un bienfait divin, la maladie trouve son explication dans le péché, le non respect de la Loi. C’est Dieu qui rend fou et c’est Dieu seul qui, par l’intermédiaire des prêtres, peut apporter la guérison.

 

La folie est une punition des péchés, en Deutéronome . 28, 27  :

רְאוּ עַתָּה כִּי אֲנִי אֲנִי הוּא וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי אֲנִי אָמִית וַאֲחַיֶּה מָחַצְתִּי וַאֲנִי אֶרְפָּא וְאֵין מִיָּדִי מַצִּיל

Qu’André Chouraqui par:

Voyez maintenant, oui, moi, moi, je suis lui, sans autre Elohîms avec moi. Moi, je fais mourir et je fais vivre, je mutile et je guéris. Contre ma main, pas de secours.

 

La maladie est destinée à punir l’homme de ses péchés et la guérison est un attribut de la divinité. En 28, 28 on peut lire: 

יַכְּכָה יְהוָה בְּשִׁגָּעוֹן וּבְעִוָּרוֹן וּבְתִמְהוֹן לֵבָב

IHVH-Adonaï te frappera de déraison, d'aveuglement, de stupeur du coeur, traduit Chouraqui.

 

Il faut reconnaître la faute pour recevoir le pardon. L’aveu représente une catharsis thérapeutique .

 

En Grèce, Hippocrate : C’est avec Hippocrate qu’a lieu le véritable partage de la médecine, de la magie et de la religion et que l’on assiste à la naissance de la psychiatrie. Il se refuse à voir dans les troubles mentaux des manifestations surnaturelles ou religieuses ; il est convaincu que la folie, comme toute maladie, a une cause organique :

 

« Les maladies ont une cause naturelle et non surnaturelle, cause que l’on peut étudier et comprendre ».

« L’épilepsie n’est ni sacrée, ni divine, elle a une cause naturelle comme les autres maladie ».

 

Selon Hippocrate, la santé et la vie reposent sur l’équilibre des quatre humeurs qui sont le sang, la flegme ou pituite,la bile jaune et la bile noire, respectivement situés dans le coeur, le cerveau, le foie et la rate.

La maladie, mentale ou physique, s’exprime par un déséquilibre de ces humeurs.

 

Hippocrate est l’un des premiers à établir une classification des troubles mentaux : Phrénitis : c’est une folie accompagnée de fièvre. 

Manie : c’est un délire sans fièvre avec agitation considéré comme une maladie chronique. 

Mélancolie : c’est un état de crainte et de tristesse. L’origine du mot est : « mélanos cholé » qui signifie « bile noire », ( d’où l’expression « se faire de la bile ». La bile noire responsable de la mélancolie est présente dans la rate, organe que les Britanniques nomment « spleen », mot qui veut dire aussi mélancolie .

Epilepsie : c’est la « maladie sacrée » qui fait appel à la démonologie. Hippocrate la décrit comme une maladie naturelle due au flegme

Hystérie : elle provient d’une sècheresse et d’une migration de l’utérus. Hippocrate ne la considère pas comme une maladie, s’étant aperçu que le mariage en venait souvent à bout .

Partisan de l’organogenèse, Hippocrate pense que pour soigner la folie, il faut retrouver l’équilibre des humeurs, grâce à des saignées, des purgations, des bains, des régimes alimentaires, un respect de l’hygiène et l’usage de quelques plantes.

Mais il remarque aussi l’importance de la relation médecin-malade, l’impact thérapeutique de la suggestion, et la nécessité de respecter une déontologie médicale.

Avec Hippocrate, la folie devient une maladie. L’âme, comme le corps est capable de souffrir. Cette reconnaissance engage la conscience médicale, puisqu’on y voit une atteinte organique, mais la conscience philosophique aussi, dans la mesure où l’âme est concernée.

Platon, Socrate et Aristote, contemporains d’Hippocrate, reprennent ses théories et orientent leur réflexion vers une meilleure connaissance de l’homme. Inévitablement, la folie apparaît très vite comme l’expression d’un malaise entre l’individu et son milieu social. Il s’en suit des considérations sociologiques et politiques, portant sur l’organisation de la vie en société et sur la nécessaire prise en charge du malade mental.

Les philosophes interprètent les phénomènes psychologiques comme des messages de l’organisme reflétant un état intérieur. L’âme a le pouvoir de s’exprimer à travers le corps. Et cette dualité âme/corps crée une psychologie dynamique où la conscience a une fonction organisatrice.

L’âme doit savoir rester maîtresse des passions et des appétits désordonnés qui agitent et perturbent sans cesse sa vie intérieure. Grâce à la philosophie, ce métier d’ « accoucheur d’âme », par la voie de la sagesse du « connais-toi toi-même », l’individu peut découvrir qu’il a en lui le potentiel nécessaire pour assurer un équilibre des forces de la vie.

Par analogie, la santé de la cité, comme la santé de l’âme dépend du même équilibre intérieur basé sur le respect de certaines règles de sagesse et d’organisation. La cité, comme l’âme, peut tomber malade et ses troubles s’exprimer par des déséquilibres, des débordements de passions incontrôlées. Ainsi, il s’avère parfois nécessaire de soigner les maux de la cité, parce que la santé de l’un dépend aussi de la santé de tous.

La folie a donc une dimension sociale, et la notion de soin qui s’en dégage implique la responsabilité de toute la communauté. Selon Aristote, l’homme exclu, retiré de la cité, est un être dégradé qui ne peut être que malheureux.

Chez les romains, la pratique de l’art médical et l’approche de la psychologie héritées des Grecs sont obligées de s’accorder avec le christianisme naissant. On assiste forcément au retour des explications mystiques et religieuses de la folie.

 

Si les Grecs avaient bien fait la différence entre  νόσος la maladie et κακός, le mal, les Romains confondent les deux :Mobus veut dire maladie et chagrin, Malum exprime à la fois le mal, le malheur et la maladie et Salus réunit la santé et le salut.

Celse, médecin sous l’empereur Auguste et auteur du De arte media, renoue avec la démonologie, le charlatanisme et développe des méthodes de traitement plus anti-maléfiques que curatives.

Il décrit l’Épilepsie comme une possession. Selon lui, la peur représente le seul traitement possible de la folie; grâce à elle, on peut guérir le malade en chassant les mauvais esprits qui l’habitent . Il recommande donc les jeûnes, les privations, les réprimandes, l’usage des chaînes et de l’isolement.

Galien, médecin à Rome, est un rationaliste convaincu dont l’influence pèsera sur la médecine occidentale pendant très longtemps. Il adapte les théories d’Hippocrate aux exigences de la foi monothéiste chrétienne : les troubles mentaux ne peuvent s’expliquer que par des lésions physiologiques. Ainsi, il pense que la mélancolie est due à la bile noire et les délires aigus à la bile jaune.

Malgré tout, il continue d’y avoir des gens pour défendre les thèses psychologiques d’explication de la folie, et heureusement, on en rencontrera tout au long de l’histoire.

Le médecin Asclépiade, qui exerce à Rome, fonde une École qui s’oppose aux doctrines organiques d’Hippocrate. Il est persuadé que les maladies mentales ont souvent des causes affectives. Il prescrit des bains, des massages, du vin, de la musique, des chambres confortables et des traitements humains aux malades.

Sans être médecin, le philosophe Ciceron s’intéresse aux troubles mentaux et se fait le précurseur de la médecine psychosomatique en reconnaissant l’importance des facteurs psychologiques dans certains maux physiques. Il n’associe pas la mélancolie à une perturbation de la bile noire, mais à des troubles affectifs. Selon lui, le remède à la maladie de l’âme est la « volonté » . Il rejoint ainsi les philosophes grecs qui pensent que l’homme peut devenir responsable de son comportement, normal ou anormal, de sa maladie ou de sa santé. La philosophie peut lui aider à acquérir cette connaissance de lui-même, indispensable pour qu’il découvre qu’il a en lui les possibilités de se soigner et de se guérir. Actuellement, on n’appelle plus cela philosophie, mais psychothérapie.

Pendant l’Antiquité grecque et romaine, les philosophes ne se contentent donc plus d’observer le monde qui les entoure, ils se mettent à s’observer eux-mêmes, à décrire leur propre fonctionnement. Mais leur observation s’arrête où commence le domaine réservé à la divinité. Cicéron est peut-être le seul auteur de l’Antiquité à avoir exprimé que l’homme est seul responsable de son propre comportement, normal ou morbide. Pour lui, ce n’est pas dieu qui brouille l’intelligence et cause la maladie mais bien l’erreur de l’homme lui-même et c’est la philosophie qui peut le guérir. Le Romain, Soranus, a combattu la démonologie et fait usage de tout traitement dont l’expérience avait montré la sûreté ou l’efficacité. Selon l’Histoire de la psychiatrie, écrite en 1966 par Alexander et Selesnick, Soranus estimait pouvoir réduire l’état de malaise des malades mentaux en parlant avec eux de leurs occupations ou d’autres sujets susceptibles de les intéresser. Soranus a réduit au minimum l’usage des médicaments et des autres méthodes physiques, pour souligner l’importance de la relation existant entre le médecin et son patient. En 312, l’empereur Constantin, après sa victoire contre Maxence In hoc signo vinces, fait du christianisme la religion officielle de l’empire. Désormais les intérêts de l’Église se confondent avec ceux de l’État, pour le meilleur ou pour le pire. C’est en 354 que naît Saint Augustin, en Afrique romaine, d’une mère chrétienne, sainte Monique, dont l’influence sur son fils se révéla plus forte que celle de son père voluptueux. Saint Augustin a décrit, dans ses confessions, son conflit intérieur entre son amour de Dieu et son désir de donner libre cours à ses passions charnelles. Ce livre introspectif est en fait une psychanalyse réalisée sans psychanalyste et représente une étape importante du développement de la psychologie. Pour dominer ses passions, l’homme doit se livrer à un examen rigoureux de lui-même mais aussi bénéficier de l’aide surnaturelle de la grâce divine.

 

La reconnaissance médicale de la folie, durant l’antiquité, passe par la primauté des causes organiques. Mais, peu à peu, se font jour d’autres explications qui, s’écartant du rationalisme immuable, laissent la place à la psychologie et à des méthodes de traitement autres que les saignées, les purgations, les émétiques ou la peur.

Pourtant, cette vision plus réaliste de la folie allait très vite se teinter d’obscurantisme au cours du moyen âge, où l’on assistera au retour en force des explications surnaturelles.

Etude du verset biblique, Proverbe, 17, 28

Nous avons vu que la citation peut venir de « Proverbes 17:28 »

 

גַּם אֱוִיל מַחֲרִישׁ חָכָם יֵחָשֵׁב אֹטֵם שְׂפָתָיו נָבוֹן

 

L’analyse morphologique de ce verset:

 

גַּם,

particule, conjonction: aussi

אֱוִיל

nom commun masculin singulier absolu: insensés 

מַחֲרִישׁ

verbe hifil participe masculin singulier absolu: sans rien dire

חָכָם

adjectif masculin singulier absolu: sage

יֵחָשֵׁב

verbe nifal inaccompli 3ème personne masculin singulier non apocopé: imputer

אֹטֵם

verbe qal participe masculin singulier absolu: ferme 

שְׂפָתָיו

nom commun féminin duel construit + suffixe 3ème personne masculin singulier + suffixe 3ème personne masculin singulier: langue

נָבֹון׃

verbe nifal participe masculin singulier absolu: intelligence

 

Versions hébraïques, grecques et latines

 

BHS : גַּם אֱוִיל מַחֲרִישׁ חָכָם יֵחָשֵׁב אֹטֵם שְׂפָתָיו נָבֹון׃

ALE : כח  גם אויל מחריש חכם יחשב    אטם שפתיו נבון

HM : גם אויל מחריש חכם יחשב אטם שפתיו נבון׃

TAR : ואף שטיא דשתיק חכימא יתחשב ודכאלי שפוותיה מתביין

LXX : ἀνοήτῳ ἐπερωτήσαντι σοφιάν σοφιά λογισθήσεται ἐνεὸν δέ τις εἁυτὸν ποιήσας δόξει φρόνιμος εἶναι

VUL : stultus quoque si tacuerit sapiens putabitur et si conpresserit labia sua intellegens

 

Les parallèles bibliques sont:

 

Job 13:5 : Que n'avez-vous gardé le silence ? Vous auriez passé pour avoir de la sagesse.

 

Job 32:16 : J'ai attendu qu'ils eussent fini leurs discours, Qu'ils s'arrêtassent et ne sussent que répliquer.

 

Ecclésiaste 5:3 : Car, si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l'insensé se fait entendre dans la multitude des paroles.

 

Ecclésiaste 10:3 : Quand l'insensé marche dans un chemin, le sens lui manque, et il dit de chacun: Voilà un fou !

Ecclésiaste 10:14 : L'insensé multiplie les paroles. L'homme ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira ce qui sera après lui?

 

Proverbes 10:19 : Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher, Mais celui qui retient ses lèvres est un homme prudent.

 

Proverbes 21:23 : Celui qui veille sur sa bouche et sur sa langue Préserve son âme des angoisses.

Proverbes 30:32 : Si l'orgueil te pousse à des actes de folie, Et si tu as de mauvaises pensées, mets la main sur la bouche:

 

 

Les traductions françaises:

 

bible annotée

Même le sot, quand il se tait, passe pour sage ; Qui tient sa bouche est prudent. 

 

Bible en français courant

Quand il se tait, même un imbécile paraît sage. Lorsque ses lèvres sont fermées on peut le croire intelligent. 

 

Samuel Cahen

Même l’insensé, lorsqu’il se tait, passe pour sage, et celui qui ferme ses lèvres est intelligent. 

 

Chouraqui

Le dément aussi, s’il se tait, est compté pour sage. Qui clôt ses lèvres est sagace. 

 

Crampon 1923

L'insensé lui-même, quand il se tait, passe pour un sage, pour intelligent, quand il ferme ses lèvres. 

 

John Darby

Même le fou qui se tait est réputé sage, -celui qui ferme ses lèvres, un homme intelligent. 

 

Fillion

L'insensé lui-même, lorsqu'il se tait, passe pour sage, et pour intelligent s'il tient ses lèvres closes. 

 

Septante traduction Giguet

Si l'insensé cherche la sagesse, il sera réputé sage ; et s'il ferme la bouche, il passera pour prudent. 

 

Septante traduction David-Marc d’Hoonville (sous la direction de Marguerite Harl)

Á l’ignorant qui interroge la sagesse, la sagesse sera comptée, quiconque se fait muet passera pour sensé.

 

Glaire Vigoureux

L’insensé lui-même, lorsqu’il se tait, passe pour sage, et pour intelligent s’il tient ses lèvres closes. 

 

Louis Segond

L'insensé même, quand il se tait, passe pour sage; Celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent. 

 

Pivot - Clamer

Même l'insensé quand il se tait passe pour un sage, - quand il ferme les lèvres pour intelligent. 

 

Perret- Gentil

Même l’insensé, quand il se tait, passe pour sage ; celui qui tient fermées ses lèvres, a du sens. 

 

Louis Segond, 1921

Même le fou, quand il se tait, passe pour sage; #celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent. 

 

Zadoc Kahn, Bible du rabbinat

Même le sot, s'il sait se taire, passe pour sage; pour intelligent, s'il sait tenir ses lèvres closes. 

 

L’analyse de la septante:

 

ἀνοήτῳ ἐπερωτήσαντι σοφιάν σοφιά λογισθήσεται ἐνεὸν δέ τις εἁυτὸν ποιήσας δόξει φρόνιμος εἶναι

 

ἀνοήτῳ;

Lemme: ἀνοήτος

Analyse: adjectif normal datif masculin singulier aucun 

Définition : insensé

 

ἐπερωτήσαντι,

Lemme : ἐπερωτάω

Analyse : verbe participe aoriste actif datif masculin singulier 

Définition : interroger

 

σοφιάν

Lemme : σοφιά

Analyse : nom accusatif féminin singulier (nom commun) 

Définition : sagesse

 

σοφιά

Lemme : σοφιά

Analyse : nom accusatif féminin singulier (nom commun) 

Définition : sagesse

 

λογισθήσεται

Lemme : λογίζομαι

Analyse : verbe indicatif futur passif 3ème personne singulier 

Définition : compter

 

ἐνεὸν

Lemme : ἐνεός

Analyse : adjectif normal accusatif masculin singulier aucun 

Définition : muet

 

δέ

Lemme : ψευδής

Analyse : adjectif normal datif neutre pluriel aucun 

Définition : faux 

 

τις

Lemme : τὶς

Analyse : pronom indéfini nominatif masculin singulier 

Définition : un certain, quelqu'un, un

 

εἁυτὸν

Lemme : εἁυτοῦ

Analyse : pronom réfléchi accusatif masculin singulier 

Définition : lui-même, elle-même, par lui-même, eux-mêmes,

 

ποιήσας

Lemme : ποιέω

Analyse : verbe participe aoriste actif nominatif masculin singulier 

Définition : faire

 

δόξει

Lemme : δοκέω

Analyse : verbe indicatif futur actif 3ème personne singulier 

Définition : avoir une opinion, penser, supposer 

 

φρόνιμος

Lemme : φρόνιμος

Analyse : adjectif normal nominatif masculin singulier aucun 

Définition : plein de bon sens, avisé, sensé, sage, prudent, habile

 

εἶναι

Lemme : εἰμί

Analyse : verbe infinitif présent actif 

Définition : être, exister, arriver, se trouver, être présent

 

 

Parallelle entre BHS/LXX 

 

גם / — : 1) Contrepartie d’un terme hébreu manquante dans les LXX (minus dans les LXX).

חכם / σοφιάν σοφιά : 1) Doublet.

— / δόξει : 1) Elément ajouté dans les LXX (plus dans les LXX).

 

 

גם                           — 

אויל                        ἀνοήτῳ 

מחריש =דרש         ἐπερωτήσαντι 

חכם                       σοφιάν σοφιά 

יחשב                      λογισθήσεται 

אטם שפתיו            ἐνεὸν δέ τις εἁυτὸν ποιήσας 

—                           δόξει 

נבון                        φρόνιμος εἶναι 

 

  Voici les 139 fragments d'Héraclite.

Héraclite, huile sur toile d’Hendrick ter Brugghen, 1628,

Héraclite, huile sur toile d’Hendrick ter Brugghen, 1628,

Ἡράκλειτος ὁ Ἐφέσιος

Fragment 1 :

(τοῦ δὲ) λόγου τοῦδ᾽ ἐόντος (ἀεὶ) ἀξύνετοι γίγνονται ἄνθρωποι καὶ πρόσθεν ἢ ἀκοῦσαι καὶ ἀκούσαντες τὸ πρῶτον· γινομένων γὰρ (πάντων) κατὰ τὸν λόγον τόνδε ἀπείροισιν ἐοίκασι, πειρώμενοι καὶ ἐπέων καὶ ἔργων τοιούτων, ὁκοίων ἐγὼ διηγεῦμαι διαιρέων ἕκαστον κατὰ φύσιν καὶ φράζων ὅκως ἔχει. τοὺς δὲ ἄλλους ἀνθρώπους λανθάνει ὁκόσα ἔγερθέντες ποιοῦσιν, ὅκωσπερ ὁκόσα εὕδοντες ἐπιλανθάνονται.

Fragment 2 :

διὸ δεῖ ἕπεσθαι τῷ (ξυνῷ, τουτέστι τῷ) κοινῷ· ξυνὸς γὰρ ὁ κοινός. τοῦ λόγου δὲ ἐόντος ξυνοῦ ζώουσιν οἱ πολλοὶ ὡς ἰδίαν ἔχοντες φρόνησιν.

Fragment 3 :

περὶ μεγέθους ἡλίου] εὖρος ποδὸς ἀνθρωπείου.

Fragment 4 :

Si felicitas esset in delectationibus corporis, boues felices diceremus, cum inveniant orobum ad comedendum.

Fragment 4a :

κατὰ λόγον δὲ ὡρέων συμϐάλλεται ἑϐδομὰς κατὰ σελήνην, διαιρεῖται δὲ κατὰ τὰς ἄρκτους, ἀθανάτου Μνήμης σημείω [?].

Fragment 5 :

καθαίρονται δ᾽ ἄλλως αἵματι μιαινόμενοι οἷον εἴ τις εἰς πηλὸν ἐμϐὰς πηλῷ ἀπονίζοιτο. μαίνεσθαι δ᾽ ἂν δοκοίη, εἴ τις αὐτὸν ἀνθρώπων ἐπιφράσαιτο οὕτω ποιέοντα. καὶ τοῖς ἀγάλμασι δὲ τουτέοισιν εὔχονται ὁκοῖον εἴ τις δόμοισι λεσχηνεύοιτο (οὔ τι γινώσκων θεοὺς οὐδ᾽ ἥρωας οἵτινές εἰσι).

Fragment 6 :

ὁ ἥλιος οὐ μόνον, καθάπερ ὁ Ἡ. φησί, νέος ἐφ᾽ ἡμέρῃ ἐστίν, ἀλλ᾽ ἀεί νέος συνεχῶς.

Fragment 7 :

εἰ πάντα τὰ ὄντα καπνὸς γένοιτο, ῥῖνες ἂν διαγνοῖεν.

Fragment 8 :

Ἡ. τὸ ἀντίξουν συμφέρον καὶ ἐκ τῶν διαφερόντων καλλίστην ἁρμονίαν καὶ πάντα κατ᾽ ἔριν γίνεσθαι. [s. fr. 80].

Fragment 9 :

ὄνους σύρματ᾽ ἂν ἑλέσθαι μᾶλλον ἢ χρυσόν.

Fragment 10 :

ἴσως δὲ τῶν ἐναντίων ἡ φύσις γλίχεται καὶ ἐκ τούτων ἀποτελεῖ τὸ σύμφωνον οὐκ ἐκ τῶν ὁμοίων, ὥσπερ ἀμέλει τὸ ἄρρεν συνήγαγε πρὸς τὸ θῆλυ καὶ οὐχ ἑκάτερον πρὸς τὸ ὁμόφυλον καὶ τὴν πρώτην ὁμόνοιαν διὰ τῶν ἐναντίων συνῆψεν, οὐ διὰ τῶν ὁμοίων. ἔοικε δὲ καὶ ἡ τέχνη τὴν φύσιν μιμουμένη τοῦτο ποιεῖν. ζωγραφία μὲν γὰρ λευκῶν τε καὶ μελάνων ὠχρῶν τε καὶ ἐρυθρῶν χρωμάτων ἐγκερασαμένη φύσεις τὰς εἰκόνας τοῖς προηγουμένοις ἀπετέλεσε συμφώνους, μουσικὴ δὲ ὀξεῖς ἅμα καὶ βαρεῖς μακρούς τε καὶ βραχεῖς φθόγγους μείξασα ἐν διαφόροις φωναῖς μίαν ἀπετέλεσεν ἁρμονίαν, γραμματικὴ δὲ ἐκ φωνηέντων καὶ ἀφώνων γραμμάτων κρᾶσιν ποιησαμένη τὴν ὅλην τέχνην ἀπ᾽ αὐτῶν συνεστήσατο. ταὐτὸ δὲ τοῦτο ἦν καὶ τὸ παρὰ τῷ σκοτεινῷ λεγόμενον Ἡρακλείτῳ· συνάψιες ὅλα καὶ οὐχ ὅλα, συμφερόμενον διαφερόμενον, συνᾷδον διᾷδον, καὶ ἐκ πάντων ἓν καὶ ἐξ ἑνὸς πάντα.

Fragment 11 :

τῶν τε ζώιων τά τε ἄγρια καὶ ἥμερα τά τε ἐν ἀέρι καὶ ἐπὶ γῆς καὶ ἐν ὕδατι βοσκόμενα γίνεταί τε καὶ ἀκμάζει καὶ φθείρεται τοῖς τοῦ θεοῦ πειθόμενα θεσμοῖς· πᾶν γὰρ ἑρπετὸν (θεοῦ) πληγῇ νέμεται, ὥς φησιν Ἡράκλειτος.

Fragment 12 :

Ζήνων τὴν ψυχὴν λέγει αἰσθητικὴν ἀναθυμίασιν, καθάπερ Ἡ.· βουλόνεμος γὰρ ἐμφανίσαι, ὅτι αἱ ψυχαὶ ἀναθυμιώμεναι νοεραὶ ἀεὶ γίνονται, εἴκασεν αὐτὰς τοῖς ποταμοῖς λέγων οὕτως· ποταμοῖσι τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμϐαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ· καὶ ψυχαὶ δὲ ἀπὸ τῶν ὑγρῶν ἀναθυμιῶνται [vgl. 91].

Fragment 13 :

δεῖ γὰρ τὸν χαρίεντα μήτε ῥυπᾶν μήτε αὐχμεῖν μήτε βορϐόρῳ χαίρειν καθ᾽ Ἡράκλειτον. [Vgl. B 9].

ὕες βορϐόρῳ ἥδονται μᾶλλον ἢ καθαρῷ ὕδατι. [Vgl. B 37. 68 B 147. Plotin. I 6, 6.]

Fragment 14 :

τίσι δὴ μαντεύεται Ἡ. ὁ Ἐφέσιος; νυκτιπόλοις, μάγοις, βάκχοις, λήναις, μύσταις· τούτοις ἀπειλεῖ τὰ μετὰ θάνατον, τούτοις μαντεύεται τὸ πῦρ· τὰ γὰρ νομιζόμενα κατ᾽ ἀνθρώπους μυστήρια ἀνιερωστὶ μυεῦνται.

Fragment 15 :

εἰ μὴ γὰρ Διονύσῳ πομπὴν ἐποιοῦντο καὶ ὕμνεον ᾆσμα αἰδοίοισιν, ἀναιδέστατα εἴργαστ᾽ ἄν· ὡυτὸς δὲ Ἀίδης καὶ Διόνυσος, ὅτεῳ μαίνονται καὶ ληναΐζουσιν.

Fragment 16 :

λήσεται μὲν γὰρ ἴσως τὸ αἰσθητὸν φῶς τις, τὸ δὲ νοητὸν ἀδύνατόν ἐστιν, ἢ ὥς φησιν Ἡ. · τὸ μὴ δῦνόν ποτε πῶς ἄν τις λάθοι;

Fragment 17 :

οὐ γὰρ φρονέουσι τοιαῦτα (οἱ) πολλοί, ὁκοίοις ἐγκυ­ρεῦσιν, οὐδὲ μαθόντες γινώσκουσιν, ἑωυτοῖσι δὲ δοκέουσι.

Fragment 18 :

ἐὰν μὴ ἔλπηται, ἀνέλπιστον οὐκ ἐξευρήσει, ἀνεξερεύνη­τον ἐὸν καὶ ἄπορον.

Fragment 19 :

ἀπίστους εἶναί τινας ἐπιστύ­φων Ἡ. φησιν· ἀκοῦσαι οὐκ ἐπιστάμενοι οὐδ᾽ εἰπεῖν.

Fragment 20 :

Ἡ. γοῦν κακίζων φαίνεται τὴν γένεσιν, ἐπειδὰν φῇ· γενόμενοι ζώειν ἐθέλουσι μόρους τ᾽ ἔχειν, μᾶλλον δὲ ἀναπαύεσθαι, καὶ παῖδας καταλείπουσι μόρους γεν­έσθαι.

Fragment 21 :

οὐχὶ καὶ Ἡ. θάνατον τὴν γένεσιν καλεῖ ... ἐν οἷς φησι· θάνατός ἐστιν ὁκόσα ἐγερθέντες ὁρέομεν, ὁκόσα δὲ εὕδοντες ὕπνος.

Fragment 22 :

χρυσὸν γὰρ οἱ διζήμενοι γῆν πολλὴν ὀρύσσουσι καὶ εὑ­ρίσκουσιν ὀλίγον.

Fragment 23 :

Δίκης ὄνομα οὐκ ἂν ᾔδεσαν, εἰ ταῦτα μὴ ἦν.

Fragment 24 :

ἀρηιφάτους θεοὶ τιμῶσι καὶ ἄνθρωποι.

Fragment 25 :

μόροι γὰρ μέζονες μέζονας μοίρας λαγχάνουσι.

Fragment 26 :

ἄνθρωπος ἐν εὐφρόνῃ φάος ἅπτεται ἑαυτῷ ἀποθανών, ἀποσϐεσθείς [ὄψεις], ζῶν δὲ ἅπτεται τεθνεῶτος εὕδων, [ἀποσϐεσθεὶς ὄψεις], ἐγρη­γορὼς ἅπτεται εὕδοντος.

Fragment 27 :

ἀνθρώπους μένει ἀποθανόντας ἅσσα οὐκ ἔλπονται οὐδὲ δοκέουσιν.

Fragment 28 :

δοκέοντα γὰρ ὁ δοκιμώτατος γινώσκει, φυλάσσει· καὶ μέντοι καὶ Δίκη κατὰ­λήψεται ψευδῶν τέκτονας καὶ μάρτυρας.

Fragment 29 :

αἱρεῦνται γὰρ ἓν ἀντὶ ἁπάντων οἱ ἄριστοι, κλέος ἀέναον θνητῶν, οἱ δὲ πολλοὶ κεκόρηνται ὅκωσπερ κτή­νεα. (αἱρεῦνται γὰρ ἓν ἀντία πάντων οἱ ἄριστοι, κλέος ἀέναον θνητῶν, οἱ δὲ πολλοὶ κεκόρηνται ὅκωσπερ κτήνεα).

Fragment 30 :

κόσμον (τόνδε), τὸν αὐτὸν ἁπάντων, οὔτε τις θεῶν, οὔτε ἀνθρώπων ἐποίησεν, ἀλλ᾽ ἦν ἀεὶ καὶ ἔστιν καὶ ἔσται πῦρ ἀείζωον, ἁπτόμενον μέτρα καὶ ἀπο­σϐεννύμενον μέτρα.

Fragment 31 :

(ὅτι δὲ καὶ γενητὸν καὶ φθαρτὸν εἶναι ἐδογμάτιζεν, μηνύει τὰ ἐπιφερόμενα·) πυρὸς τροπαὶ πρῶτον θάλασσα, θαλάσσης δὲ τὸ μὲν ἥμισυ γῆ, τὸ δὲ ἥμισυ πρηστήρ. δυνάμει γὰρ λέγει ὅτι τὸ πῦρ ὑπὸ τοῦ διοικοῦντος λόγου καὶ θεοῦ τὰ σύμπαντα δι᾽ ἀέρος πρέπεται εἰς ὑγρὸν τὸ ὡς σπέρμα τῆς διακοσμήσεως, ὃ καλεῖ θάλασσαν, ἐκ δὲ τούτου αὖθις γίνεται γῆ καὶ οὐρανὸς καὶ τὰ ἐμπερι­εχόμενα. ὅπως δὲ πάλιν ἀναλαμϐάνεται καὶ ἐκ­πυροῦται, σαφῶς διὰ τούτων δηλοῖ· [23] (γῆ) θάλασσα διαχέεται καὶ μετρέεται εἰς τὸν αὐτὸν λόγον, ὁκοῖος πρόσθεν ἦν ἢ γενέσθαι γῆ.

Fragment 32 :

ἓν τὸ σοφὸν μοῦνον λέγ­εσθαι οὐκ ἐθέλει καὶ ἐθέλει Ζηνὸς ὄνομα.

Fragment 33 :

νόμος καὶ βουλῇ πείθεσθαι ἑνός.

Fragments 34 :

ἀξύνετοι ἀκούσαντες κω­φοῖσιν ἐοίκασι· φάτις αὐτοῖσιν μαρτυρεῖ παρ­εόντας ἀπεῖναι.

Fragment 35 :

χρὴ γὰρ εὖ μάλα πολλῶν ἵστορας φιλοσόφους ἄνδρας εἶναι καθ᾽ Ἡράκλειτον.

Fragment 36 :

ψυχῇσιν θάνατος ὕδωρ γενέσθαι, ὕδατι δὲ θάνατος γῆν γενέσθαι, ἐκ γῆς δὲ ὕδωρ γίνεται, ἐξ ὕδατος δὲ ψυχή.

Fragment 37 :

si modo credimus Ephesio Heracleto qui ait sues caeno [Vgl. B 13 ] , cohortales aves pulvere vel cinere lavari.

Fragment 38 :

δοκεῖ δὲ κατά τινας πρῶτος ἀστρολογῆσαι ... μαρτυρεῖ δ᾽ αὐτὸ καὶ Ἡράκλειτος καὶ Δημόκριτος.

Fragment 39 :

ἐν Πριήνῃ Βίας ἐγένετο ὁ Τευτάμεω, οὗ πλέων λόγος ἢ τῶν ἄλλων.

Fragment 40 :

πολυμαθίη νόον (ἔχειν) οὐ διδάσκει· Ἡσίοδον γὰρ ἂν ἐδίδαξε καὶ Πυθαγόρην αὖτις τε Ξενοφάνεά (τε) καὶ Ἑκαταῖον.

Fragment 41 :

εἶναι γὰρ ἓν τὸ σοφόν, ἐπίστασθαι γνώμην, ὁτέη ἐκυϐέρνησε πάντα διὰ πάντων.

Fragment 42 :

τόν τε Ὅμηρον ἔφασκεν ἄξιον ἐκ τῶν ἀγώνων ἐκϐάλλεσθαι καὶ ῥαπίζεσθαι καὶ Ἀρχίλοχον ὁμοίως.

Fragment 43 :

ὕϐριν χρὴ σϐεννύναι μᾶλλον ἢ πυρκαϊήν

Fragment 44 :

μάχεσθαι χρὴ τὸν δῆμον ὑπὲρ τοῦ νόμου ὅκωσπερ τείχεος.

Fragment 45 :

ψυχῆς πείρατα ἰὼν οὐκ ἂν ἐξεύροιο, πᾶσαν ἐπιπορευόμενος ὁδόν· οὕτω βαθὺν λόγον ἔχει.

Fragment 46 :

τήν τε οἴησιν ἱερὰν νόσον ἔλεγε καὶ τὴν ὅρασιν ψεύδεσθαι.

Fragment 47 :

μὴ εἰκῆ περὶ τῶν μεγίστων συμϐαλλώμεθα.

Fragment 48 :

τῷ οὖν τόξῳ ὄνομα βίος, ἔργον δὲ θάνατος.

Fragment 49 :

εἷς ἐμοὶ μύριοι, (ἐὰν ἄριστος ᾖ.)

Fragment 49 a :

ποταμοῖς τοῖς αὐτοῖς ἐμϐαίνομέν τε καὶ οὐκ ἐμϐαίνομεν, εἶμέν τε καὶ οὐκ εἶμεν.

Fragment 50 :

Ἡ. μὲν οὖν ἕν φησιν εἶναι τὸ πᾶν διαιρετὸν ἀδιαίρετον, γενητὸν ἀγένητον, θνητὸν ἀθάνατον, λόγον αἰῶνα, πατέρα υἱόν, θεὸν δίκαιον· οὐκ ἐμοῦ, ἀλλὰ τοῦ λόγου ἀκού­σαντας ὁμολογεῖν σο­φόν ἐστιν ἓν πάντα εἶναί

[οὐκ ἐμοῦ, ἀλλὰ τοῦ λόγου ἀκού­σαντας ὁμολογεῖν σο­φόν ἐστιν ἓν πάντα εἰδέναι]

Fragment 51 :

καὶ ὅτι τοῦτο οὐκ ἴσασι πάντες οὐδὲ ὁμολογοῦσιν, ἐπιμέμφεται ὧδέ τως· οὐ ξυνιᾶσιν ὅκως διαφερόμενον ἑωυτῷ ὁμολογέει· παλίν­τροπος ἁρμονίη ὅκωσπερ τόξου καὶ λύρης.

Fragment 52 :

αἰὼν παῖς ἐστι παίζων, πεσσεύων· παιδὸς ἡ βασιληίη.

Fragment 53 :

Πόλεμος πάντων μὲν πατήρ ἐστι, πάντων δὲ βασιλεύς, καὶ τοὺς μὲν θεοὺς ἔδειξε τοὺς δὲ ἀνθρώπους, τοὺς μὲν δούλους ἐποίησε τοὺς δὲ ἐλευθέρους.

Fragment 54 :

ἁρμονίη ἀφανὴς φανερῆς κρείττων.

Fragment 55 :

ὅσων ὄψις ἀκοὴ μάθησις, ταῦτα ἐγὼ προτιμέω.

Fragment 56 :

ἐξηπάτηνται, (φησίν) οἱ ἄνθρωποι πρὸς τὴν γνῶσιν τῶν φανερῶν παραπλησίως Ὁμήρῳ, ὃς ἐγένετο τῶν Ἑλλήνων σοφώτερος πάντων. ἐκεῖνόν τε γὰρ παῖδες φθεῖρας κατακτείνοντες ἐξηπάτησαν εἰπόντες· ὅσα εἴδομεν καὶ ἐλάϐομεν, ταῦτα ἀπο­λείπομεν, ὅσα δὲ οὔτε εἴδομεν οὔτ᾽ ἐλάϐομεν, ταῦτα φέρομεν.

Fragment 57 :

διδάσκαλος δὲ πλείστων Ἡσίοδος· τοῦτον ἐπίστανται πλεῖστα εἰδέναι, ὅστις ἡμέρην καὶ εὐφρόνην οὐκ ἐγίνωσκεν· ἔστι γὰρ ἕν.

Fragment 58 :

καὶ ἀγαθὸν καὶ κακόν [näml. ἕν ἐστιν] . οἱ γοῦν ἰατροί, (φησίν ὁ Ἡ.,) τέμ­νοντες, καίοντες, πάντῃ βασανίζοντες κακῶς τοὺς ἀρρωστοῦντας, ἐπαιτέονται μηδὲν ἄξιοι μισθὸν λαμ­ϐάνειν παρὰ τῶν ἀρρω­στούντων, ταὐτὰ ἐργαζό­μενοι, τὰ ἀγαθὰ καὶ τὰς νόσους.

Fragment 59 :

γναφείῳ ὁδὸς εὐθεῖα καὶ σκολιὴ (ἡ τοῦ ὀργάνου τοῦ καλουμένου κοχλίου ἐν τῷ γναφείῳ περιστροφὴ εὐθεῖα καὶ σκολιή· ἄνω γὰρ ὁμοῦ καὶ κύκλῳ περιέρχεται) μία ἐστί, (φησί,) καὶ ἡ αὐτή.

Fragment 60 :

ὁδὸς ἄνω κάτω μία καὶ ὡυτή.

Fragment 61 :

θάλασσα ὕδωρ καθα­ρώτατον καὶ μιαρώτατον, ἰχθύσι μὲν πότιμον καὶ σωτήριον, ἀνθρώποις δὲ ἄποτον καὶ ὀλέθριον.

Fragment 62 :

ἀθάνατοι θνητοί, θνητοὶ ἀθάνατοι, ζῶντες τὸν ἐκεί­νων θάνατον, τὸν δὲ ἐκείνων βίον τεθνεῶτες.

Fragment 63 :

λέγει δὲ καὶ σαρκὸς ἀνάστασιν ταύτης (τῆς) φανερᾶς, ἐν ᾗ γεγενήμεθα, καὶ τὸν θεὸν οἶδε ταύτης τῆς ἀναστάσεως αἴτιον οὕτως λέγων· ἔνθα δ᾽ ἐόντι ἐπ­ανίστασθαι καὶ φύλακας γίνεσθαι ἐγερτὶ ζώντων καὶ νεκρῶν. λέγει δὲ καὶ τοῦ κόσμου κρίσιν καὶ πάντων τῶν ἐν αὐτῷ διὰ πυρὸς.

Fragment 64 :

πυρὸς γίνεσθαι λέγων οὕτως· τὰ δὲ πὰντα οἰακίζει κεραυνός, τουτέστι κατευθύνει, κεραυνὸν [τὸ πῦρ λέγων τὸ αἰώνιον. λέγει δὲ καὶ φρόνιμον τοῦτο εἶναι] τὸ πῦρ καὶ τῆς διοικήσεως τῶν

Fragment 65 :

ὄλων αἴτιον· καλεῖ δὲ αὐτὸ χρησμοσύνην καὶ κόρον χρησμοσύνη δὲ ἐστιν ἡ διακόσμησις κατ΄ αὐτον, ἡ δὲ ἐκπύρωσις

Fragment 66 :

κόρος. πάντα γάρ, φησί, τὸ πῦρ ἐπελθὸν κρινεῖ καὶ καταλήψεται.

Fragment 67 :

ὁ θεὸς ἡμέρη εὐφρόνη, χειμὼν θέρος, πόλεμος εἰρήνη, κόρος λιμός (τἀναντία ἅπαντα· οὗτος ὁ νοῦς), ἀλλοιοῦται δὲ ὅκωσπερ (πῦρ), ὁπόταν συμμιγῇ θυώμασιν ὀνομάζεται καθ΄ ἡδονὴν ἑκάστου.

Fragment 67a :

ita vitalis calor a sole procedens omnibus quae vivunt vitam subministrat. cui sententiae Heraclitus adquiescens optimam similitudinem dat de aranea ad animam, de tela araneae ad corpus, sic(ut) aranea, ait, stans in medio telae sentit, quam cito musca aliquem filum suum corrumpit itaque illuc celeriter currit quasi de fili persectione dolens, sic hominis anima aliqua parte corporis laesa illuc festine meat quasi impatiens laesionis corporis, cui firme et proportionaliter iuncta est.

Fragment 68 :

καὶ διὰ τοῦτο εἰκότως αὐτὰ ἄκεα Ἡ. προσεῖπεν ὡς ἐξακεσόμενα τὰ δεινὰ καὶ τὰς ψυχὰς ἐξάντεις ἀπεργαζόμενα τῶν ἐν τῇ γενέσει συμφορῶν.

Fragment 69 :

θυσιῶν τοίνυν τίθημι διττὰ εἴδη· τὰ μὲν τῶν ἀποκεκαθαρμένων παν­τάπασιν ἀνθρώπων, οἷα ἐφ΄ ἑνὸς ἄν ποτε γένοιτο σπανίως, ὥς φησιν Ἡ., ἤ τινων ὀλίγων εὐαριθμήτων ἀνδρῶν· τὰ δ΄ ἔνυλα κτλ.

Fragment 70 :

πόσῳ δὴ οὖν βέλτιον Ἡ. παίδων ἀθύρματα νενόμικεν εἶναι τὰ ἀνθρώπινα δοξάσ­ματα.

Fragment 71 :

μεμνῆσθαι δὲ καὶ τοῦ ἐπιλανθανομένου ᾗ ἡ ὁδὸς ἄγει.

Fragment 72 :

ᾧ μάλιστα διηνεκῶς ὁμιλοῦσι λόγῳ τῷ τὰ ὅλα διοικοῦντι, τούτῳ διὰ­φέρονται, καὶ οἷς καθ΄ ἡμέραν ἐγκυροῦσι, ταῦτα αὐτοῖς ξένα φαίνεται.

Fragment 73 :

οὐ δεῖ ὥσπερ καθεύδοντας ποιεῖν καὶ λέγειν· καὶ γὰρ καὶ τότε δοκοῦμεν ποιεῖν καὶ λέγειν.

Fragment 74 :

οὐ δεῖ (ὡς) παῖδας τοκεών, ὧν τοῦτ᾿ ἔστι κατὰ ψιλόν· καθότι παρειλήφαμεν.

Fragment 75 :

τοὺς καθεύδοντας οἶμαι ὁ Ἡ. ἐργάτας εἶναι λέγει καὶ συνεργοὺς τῶν ἐν τῷ κόσμῳ γινομένων.

Fragment 76 :

Maxime de Tyr. XII 4 p.489 ζῇ πῦρ τὸν ἀέρος θάνατον καὶ ἀὴρ ζῇ τὸν πυρὸς θάνατον, ὕδωρ ζῇ τὸν γῆς θάνατον, γῆ τὸν ὕδατος.

Marc. IV. 46 ὅτι γῆς θάνατος ὕδωρ γενέσθαι καὶ ὕδατος θάνατος ἀέρα γενέσθαι καὶ ἀέρος πῦρ καὶ ἔμπαλιν.]

Fragment 77 :

ὅθεν καὶ Ἡράκλειτονψυχῇσι φάναι τέρψιν ἢ θάνατονὑγρῇσι γενέσθαιν, τέρψιν δὲ εἶναι αὐταῖς τὴν εἰς γένεσιν πτῶσιν, ἀλλαχοῦ δὲ φάναι ζῆν ἡμᾶς τὸν ἐκείνων θάνατον καὶ ζῆν ἐκείνας τὸν ἡμέτερον θάνατον.

Fragment 78 :

ἦθος γὰρ ἀνθρώπειον μὲν οὐκ ἔχει γνώμας, θεῖον δὲ ἔχει.

Fragment 79 :

ἀνὴρ νήπιος ἤκουσε πρὸς δαίμονος ὅκωσπερ παῖς πρὸς ἀνδρός.

Fragment 80 :

εἰδέναι δὲ χρὴ τὸν πόλεμον ἐόντα ξυνόν, καὶ δίκην ἔριν, καὶ γινόμενα πάντα κατ΄ ἔριν καὶ χρεώμενα [χρεών?].

Fragment 81 :

δὲ τῶν ῥητόρων εἰσαγωγὴ πάντα τὰ θεωρήματα πρὸς τοῦτ΄ ἔχει τείνοντα καὶ κατὰ τὸν Ἡράκλειτον κοπίδων ἐστὶν ἀρχηχός.

[ Schol. κοπίδας τὰς λόγων τέχνας ἔλεγον ἄλλοι τε καὶ ὁ Τίμαιοςοὕτως γράφων.

« ὥστε καὶ φαίνεσθαι μὴ τὸν Πυθαγόραν εὑρετὴνὄντα τῶν ἀληθινῶν κοπίδων μηδὲ τὸν ὑφ΄ Ἡρακλείτουκατ­ηγορούμενον, ἀλλ΄ αὐτὸν τὸν Ἡράκλειτον εἶναι τὸν ἀλαζονευόμενον ».]

Fragment 82 :

πιθήκων ὁ κάλλιστος αἰσχρὸς ἀνθρώπων γένει συμϐάλλειν.

Fragment 83 :

ἀνθρώπων ὁ σοφώτατος πρὸς θεὸν πίθηκος φανεῖται καὶ σοφίᾳ κάλλει καὶ τοῖς ἄλλοις πᾶσιν.

Fragment 84 :

μεταϐάλλον ἀναπαύεται καὶ κάματός ἐστι τοῖς αὐτοῖς μοχθεῖν καὶ ἄρχεσθαι.

Fragment 85 :

θυμῷ μάχεσθαι χαλεπόν· ὅτι γὰρ ἂν θέλῃ, ψυχῆς ὠνεῖται.

Fragment 86 :

ἀλλὰ τῶν μὲν θείων τὰ πολλά, καθ΄ Ἡράκλειτον, ἀπιστίῃ διαφυγγάνει μὴ γιγνώσκεσθαι.

Fragment 87 :

βλὰξ ἄνθρωπος ἐπὶ παντὶ λόγῳ ἐπτοῆσθαι φιλεῖ.

Fragment 88 :

ταὐτό τ΄ ἔνι ζῶν καὶ τεθνηκὸς καὶ [τὸ] ἐγρηγορὸς καὶ τὸ καθεῦδον καὶ νέον καὶ γηραιόν· τάδε γὰρ μετὰ­πεσόντα ἐκεῖνά ἐστι κἀκεῖνα πάλιν μεταπεσόντα ταῦτα.

ὁ Ἡ. φησι τοῖς ἐγρηγορόσιν ἕνα καὶ κοινὸν κόσμον εἶναι, τῶν δὲ κοιμωμένων ἕκαστον εἰς ἴδιονἀποστρέφεσθαι.

Fragment 90 :

πυρός τε ἀνταμοιϐὴ τὰ πάντα καὶ πῦρ ἁπάντων ὅκωσπερ χρυσοῦ χρήματα καὶ χρημάτων χρυσός.

Fragment 91 :

ποταμῷ γὰρ οὐκ ἔστιν ἐμϐῆναι δὶς τῷ αὐτῷ καθ΄ Ἡράκλειτον.

οὐδὲ θνητῆς οὐσίας δὶς ἅφασθαι κατὰ ἕξιν· ἀλλ΄ ὀξύτητι καὶ τάχει μεταϐολῆς σκίδνησι καὶ πάλιν συνάγει καὶ πρόσεισι καὶ ἄπεισι.

Fragment 92 :

[Οὐχ ὁρᾶις . . , ὅσην χάρινἔχει τὰ Σαπφικὰ μέλη, κηλοῦντα καὶκαταθέλγοντα τοὺς ἀκροωμένους ;]

Σίϐυλλα δὲ μαινομένῳ στόματι καθ΄ Ἡράκλειτον ἀγέλαστα καὶ ἀκαλλώπιστα καὶ ἀμύριστα φθεγγομένη χιλίων ἐτῶν ἐξικνεῖται τῇ φωνῇ διὰ τὸν θεόν.

Fragment 93 :

ὁ ἄναξ οὗ τὸ μαντεῖόν ἐστι τὸ ἐν Δελφοῖς,οὔτε λέγει οὔτε κρύπτει ἀλλὰ σημαίνει.

Fragment 94 :

Ἥλιος γὰρ οὐχ ὑπερϐήσεται [τὰ] μέτρα· εἰ δὲ μή, Ἐρινύες μιν Δίκης ἐπίκουροι ἐξευρήσουσιν.

Fragment 95 :

ἀμαθίην γὰρ ἄμεινον κρύπτειν, (τὰ) ἔργον δὲ ἐν ἀνέσει καὶ παρ΄ οἶνον.

κρύπτειν ἀμαθίην κρέσσον ἢ ἐς τὸ μέσον φέρειν.]

Fragment 96 :

νέκυες γὰρ κοπρίων ἐκϐλη­τότεροι.

Fragment 97 :

κύνες γὰρ καὶ βαΰζουσινὃν, ἂν μὴ γινώσκωσι.

Fragment 98 :

αἱ ψυχαὶ ὀσμῶνται καθ΄ Ἅιδην.

Fragment 99 :

εἰ μὴ ἥλιος ἦν,( ἕνεκα τῶν ἄλλων ἄστρων) εὐφρόνη [ἄν] ἦν.

Fragment 100 :

… περιόδους· ὧν ὁ ἥλιοςἐπιστάτης ὢν καὶ σκοπὸς ὁρίζειν καὶ βραϐεύειν καὶ ἀναδεικνύναι καὶ ἀνα­φαίνειν μεταϐολὰς καὶ ὥρας αἳ πάντα φέρουσι καθ΄ Ἡράκλειτον κτλ.

Fragment 101 :

ἐδιζησάμην ἐμεωυτόν.

[ δυεῖν γὰρ ὄντων κατὰ φύσιν ὡσανεί τινων ὀργάνων ἡυῖν, οἷς πάντα πυνθανόμεθα καὶ πολυπραγμονοῦμεν, ἀκοῆς καὶ ὁράσεως, ἀληθινωτέραςδ΄ οὔσης οὐ μικρῷ τῆς ὁράσεως κατὰ τὸν Ἡράκλειτον· ὀφθαλμοὶ γὰρ τῶν ὤτων ἀκριϐέστεροι μάρ­τυρες.]

Fragment 102 :

τῷ μὲν θεῷ καλά πάντα καὶ ἀγαθὰ καὶ δὶκαια, ἄνθρωποι δὲ ἅ μὲν ἄδικα ὑπειλήφασιν ἃ δὲ δίκαια.

Fragment 103 :

ξυνὸν γὰρ ἀρχὴ καὶ πέρας ἐπὶ κύκλου περιφερείας

Fragment 104 :

τίς γὰρ αὐτῶν νόος ἢ φρήν; δήμων ἀοιδοῖσι πείθονται καὶ διδασκάλῳ χρείωνται ὁμίλῳ οὐκ εἰδότες ὅτι οἱ πολλοὶ κακοί, ὀλίγοι δὲ ἀγαθοί .

Fragment 105 :

Ἕκτορι δ΄ ἦεν ἑταῖρος, [näml. Πουλυδάμας], ἰῇ δ΄ ἐν νυκτὶ γένοντο ) Ἡ. Ἐντεῦθεν ἀστρολόγον φησὶτὸν Ὅμὴ­ρον καὶ ἐνοἷς φησι τὸν «μοῖραν δ΄ οὔ τινά φημι πεφυγμένον ἔμμεναι ἀν­δρῶν » κτλ.

Fragment 106 :

περὶ δ΄ ἡμερῶν ἀποφράδων εἴτεχρὴ τίθεσθαί τινας εἴτε ὀρθῶς Ἡράκλειτος ἐπέπληξεν Ἡσιόδῳ τὰς μὲν ἀγαθὰς ποιουμένῳ, τὰς δὲ φαύλας, ὡς ἀγνοοῦντι φύσιν ἡμέρας ἁπάσης μίαν οὖσαν, ἑτέρωθι διηπόρηται.]

Fragment 107 :

κακοὶ μάρτυρες ἀνθρώποι­σιν ὀφθαλμοὶ καὶ ὦτα βαρϐάρους ψυχὰς ἐχόντων.

Fragment 108 :

Ἡρακλείτου. ὁκόσων λόγους ἤκουσα,οὐδεὶς ἀφικνεῖται ἐς τοῦτο, ὥστε γινώσκειν ὅτι σοφόν ἐστι πάντων κεχωρισμένον.

Fragment 109 :

κρύπτειν ἀμαθίην κρέσσον ἢ ἐς τὸ μέσον φέρειν.

Fragment 110 :

ἀνθρώποις γίνεσθαι ὁκόσα θέλουσιν οὐκ ἄμεινον.

Fragment 111 :

νοῦσος ὑγιείην ἐποίησεν ἡδὺ, κακὸν ἀγαθόν, λιμὸς κόρον, κάματος ἀνάπαυ­σιν.

τὸ φρονεῖν ἀρετὴ μεγίστη, καὶ σοφίη ἀληθέα λέγειν καὶ ποιεῖν κατὰ φύσιν ἐπαΐον­τας.

Fragment 113 :

ξυνόν ἐστι πᾶσι τὸ φρονέειν.

Fragment 114 :

ξὺν νόῳ λέγοντας ἰσχυρίζεσθαι χρὴ τῷ ξυνῷ πάντων, ὃκωσπερ νόμῳ πόλις, καὶ πολὺ ἰσχυροτέ­ρως. τρέφονται γὰρ πάντες οἱ ἀνθρώπειοι νόμοι ὑπὸ ἑνὸς τοῦ θείου· κρατεῖ γὰρ τοσοῦτον ὁκόσον ἐθέλει καὶ ἐξαρκεῖ πᾶσι καὶ περὶ­γίνεται.

Fragment 115 :

ψυχῆς ἐστι λόγος ἑαυτὸν αὔξων.

Fragment 116 :

ἀνθρώποισι πᾶσι μέτεστι γινώσκειν ἑωυτοὺς καὶ φρονεῖν.

Fragment 117 :

ἀνὴρ ὁκόταν μεθυσθῇ, ἄγεται ὑπὸ παιδὸς ἀνήϐου σφαλλόμενος, οὐκ ἐπαΐων ὅκη βαίνει, ὑγρήντὴν ψυχὴς ἔχων.

Fragment 118 :

αὔη ψυχὴ σοφωτάτη καὶ ἀρίστη

Fragment 119 :

Ἡ. ἔφη ὡς ] ἦθος ἀνθρώπῳ δαίμων.

Fragment 120 :

βέλτιον δ΄· Ἡ. καὶ ὁμηρικωτέρως ὁμοίως ἀντὶ τοῦ ἀρκτιτοῦ τὴν ἄρκτον ὀνομάζων·]

ἠοῦς καὶ ἑσπέρας τέρματα ἡ ἄρκτος καὶ ἀντίον τῆς ἄρκτου οὖρος αἰθρίου Διός.

[ ὁ γὰρ ἀρκτικός ἐστι δύσεως καὶ ἀνατολῆς ὅρος, οὐχ ἡ ἄρκτος.]

Fragment 121 :

ἄξιον Ἐφεσίοις ἡϐηδὸν ἀπάγξασθαι (πᾶσι καὶ τοῖς ἀνήϐοις τὴν πόλιν καταλιπεῖν), οἵτινες Ἑρμό­δωρον ἄνδρα ἑωυτῶν ὀνήιστον ἐξέϐαλον φάντες· ἡμέων μηδὲ εἷς ὀνήιστος ἔστω, εἰ δὲ μή, ἄλλη τε καὶ μετ΄ἄλλων.

Fragment 122 :

ἀγχιϐατεῖν / ἀμφισϐατεῖν : ἀγχιϐασίην Ἡράκλειτος.

Fragment 123 :

φύσις δὲ καθ΄ Ἡράκλειτον κρύπτεσθαι φιλεῖ.

Fragment 124 :

ἄλογον δὲ κἀκεῖνοδόξειεν ἂν, εἰ ὁ μὲν ὅλος οὐρανὸς καὶἕκαστα τῶν μερῶν ἅπαντ΄ ἐν τάξει καὶ λόγῳ, καὶ μορφαῖς καὶ δυνάμεσιν καὶ περιόδοις, ἐν δὲ ταῖς ἀρχαῖς μηθὲν τοιοῦτον, ἀλλ΄ ὥσπερ σάρμα εἰκῆ κεχυ­μένον ὁ κάλλιστος, φησὶν Ἡράκλειτος, [ὁ] κόσμος.

Fragment 125 :

καὶ ὁ κυκεὼν διίσταται (μὴ) κινούμενος.

τυφλὸν δὲ τὸν Πλοῦτον ποιεῖ ὡς οὐκ ἀρετῆς, κακίας δὲ παραιτίου. ὅθεν καὶ Ἡ. ὁ Ἐφέσιος ἀρώμενος Ἐφεσίοις, οὐκ ἐπευχόμενος· μὴ ἐπι­λίποι ὑμᾶς πλοῦτος, ἔφη, Ἐφἑσιοι, ἵν΄ ἐξελέγχοισθε πονηρευόμενοι.]

Fragment 126 :

τὰ ψυχρὰ θέρεται, θερμὸν ψύχεται, ὑγρὸν αὐαίνεται, καρφαλέον νοτίζεται.

κατὰ λόγον δὲ ὡρέων συμϐάλλεται ἑϐδομὰς κατὰ σελήνην, διαιρεῖται δὲ κατὰ τὰς ἄρκτους, ἀθανάτου Μνήμης σημείω.

Fragment 127 :

ὁ αὑτὸς πρὸς Αἰγυπτίους ἔφη· εἰ θεοί εἰσιν, ἵνα τί θρηνεῖτε αὐτούς; εἰ δὲ θρηνεῖτε αὐτούς, μηκέτι τούτους ἡγεῖσθε θεούς.

Fragment 128 :

ὅτιὁἩράκλειτος ὁρῶν τοὺς Ἕλληνας γέρα τοῖς δαίμοσιν ἀπονέμοντας εἶπεν· δαιμό­νων ἀγάλμασιν εὔχονται οὐκ ἀκούουσιν, ὥσπερ ἀκού­οιεν, οὐκ ἀποδιδοῦσιν, ὥσπερ [οὐκ] ἀπαιτοῖεν.

Fragment 129 :

Πυθαγόρης Μνησάρχου ἱστορίην ἤσκησεν ἀνθρώ­πων μάλιστα πάντων καὶ ἐκλεξάμενος ταύτας τὰς συγγραφὰς ἐποιήσατο ἑωυ­τοῦ σοφίην, πολυμαθείην, κακοτεχνίην.

Fragment 130 :

non convenit ridiculum esse ita, ut ridiculus ipse videaris.

Fragment 131 :

δὲ γε Ἡ. ἔλεγε τὴν οἴησιν προκοπῆς ἐγκοπήν.

τιμαὶ θεοὺς καὶ ἀνθρώπους καταδουλοῦνται.

Fragment 133 :

ἄνθρωποικακοὶἀληθινῶνἀντίδικοι

Fragment 134 :

τὴν παιδείαν ἕτερον ἥλιον εἶναι τοῖς πεπαιδευμένοις.

συντομωτάτην ὁδὸν ἔλεγεν εἰς εὐδοξίαν τὸ γενέσθαι ἀγαθόν.

Fragment 136 :

ἡεὔκαιροςχάριςλιμῷκαθάπερτροφὴἁρμόττουσα τὴν τῆς ψυχῆς ἔνδειαν ἰᾶται.

Ἡρακλείτου· ψυχαὶ ἀρηί­φατοι καθερώπεραι (ainsi) ἢ ἐνὶ νούσοις.]

Fragment 137 :

γράφει γοῦν « ἔστι γὰρ εἱμαρμένα πάντως . . .»

Fragment 138 :

Ἡρακλείτου φιλοσόφου κατὰ τοῦ βίου. Ποίην τις βιότοιο τάμοι τρίϐον κτλ.]

Fragment 139 :

Ἡρακλείτου φιλοσόφου. Ἐπειδὴ φασί τινες εἰς ἀρχὰς κεῖσθαι τὰ ἄστρα . . . μέχρις οὗ ἐθέλει ὁ ποιήσας αὐτόν.]

Tag(s) : #Textes des cafés-philo

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